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Santé

Le piano pour se remettre d’un AVC

10-07-2019

Image: Shutterstock

La thérapie musicale pourrait permettre de retrouver l’usage des mains.

Do, ré, mi, fa, mi. Jouer cette séquence au piano paraît élémentaire, mais pour les personnes qui ont perdu en partie l’usage d’une main à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC), ce simple exercice demande beaucoup d’efforts. Il pourrait cependant se révéler salvateur, comme en témoigne la vidéo que nous présente Anouk Lamontagne, professeure associée à l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill. On y voit les doigts d’un patient qui enfoncent avec assurance les touches du clavier.

« Au départ, il avait de la difficulté à prendre une clé, à ouvrir un pot. C’est quelqu’un qui a travaillé très fort », affirme-t-elle.

Même si ce type de séquelle est fréquent chez ses patients, les traitements actuels, comme le renforcement musculaire, ne réussissent « pas vraiment à favoriser un retour optimal » des fonctions motrices de la main, mentionne Anouk Lamontagne.

C’est pourquoi, avec son équipe, elle étudie le potentiel de la thérapie musicale. Dans son projet de recherche, elle observe le cerveau de participants qui, pendant trois semaines, reproduisent sur un clavier électronique des notes de musique dictées par un écran d’ordinateur. Des travaux précédents publiés dans le journal Frontiers in Human Neuroscience en 2014 avaient montré un gain de dextérité pour les patients − qui n’était pas constant toutefois.

Pour comprendre le phénomène, les chercheurs se concentrent sur les processus neuronaux entre les aires motrices et les aires auditives du cerveau, souvent touchées par les AVC. « Avec un magnétoencéphalographe, on peut mesurer l’activité cérébrale au fil du traitement, ce qui nous indique quels ont été les changements qui sont attribuables à l’entraînement », explique Marie-Hélène Boudrias, une autre professeure engagée dans ce projet.

Analyser les résultats de plusieurs patients permettra de faire des comparaisons et d’établir quels éléments présents au premier jour du traitement en prédisent le succès. « On pense que, si la connexion entre les zones audiomotrices est assez bonne, alors l’entraînement sera efficace. »

Les résultats devraient fournir, à terme, la possibilité d’entreprendre une plus vaste étude qui comparerait l’efficacité du traitement musical avec celle de thérapies traditionnelles.

Chose certaine, il est beaucoup plus plaisant de jouer de la musique que de répéter le même mouvement à plusieurs reprises. D’autant plus que les patients peuvent s’exercer à la maison, ce qui n’est pas possible dans le cas d’autres thérapies, et s’améliorer par eux-mêmes. « La musique, quand on se trompe, ça sonne faux. On le sait tout de suite », illustre Anouk Lamontagne.

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