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Santé

Que faire en cas de migraine?

17-05-2018

« Le mal de tête dure de 4 à 72 heures chez les adultes et de 2 à 48 heures chez les enfants », rappelle un article de synthèse sur la migraine publié dans The Lancet début 2018.

Près des trois quarts des adultes dans le monde ont eu mal à la tête au cours de l’année écoulée, estime l’Organisation mondiale de la santé qui classe les céphalées troisièmes sur la liste des maladies « incapacitantes ». Mais attention, tout mal de tête n’est pas forcément une migraine.

Celle-ci se caractérise par des crises récurrentes qui s’accompagnent, dans environ 90 % des cas, d’une sensibilité à la lumière et au bruit; ainsi que de nausées et de vomissements dans près de la moitié des cas.

Le plus souvent, le mal de tête est unilatéral (un seul côté du crâne), pulsatile (la douleur donne l’impression de suivre le rythme des battements du cœur) et aggravé par des mouvements simples comme bouger la tête ou monter un escalier. « La céphalée de tension, ou le mal de tête classique, donne plutôt un effet de serrement autour de la tête et une douleur bilatérale », précise Sandra Bélanger, pharmacienne et chargée d’enseignement à la faculté de pharmacie de l’Université Laval.

Dans 20 % des cas de migraine, des symptômes neurologiques réversibles apparaissent avant la crise : troubles visuels, sensoriels, moteurs ou du langage. C’est ce qu’on appelle l’aura. « Le mal de tête dure de 4 à 72 heures chez les adultes et de 2 à 48 heures chez les enfants », rappelle un article de synthèse sur la migraine publié dans The Lancet début 2018.

Les crises aiguës peuvent être très invalidantes. Le hic, c’est qu’à peine la moitié des personnes souffrant de migraine reçoivent le bon diagnostic et un traitement approprié.

« Outre les antidouleurs classiques, comme l’ibuprofène et l’acétaminophène, il existe des médicaments de la classe des triptans efficaces pour soulager la douleur d’une crise aiguë. Ceux-ci sont efficaces seulement en cas de migraine et non pour d’autres types de maux de tête », ajoute Sandra Bélanger.

Un traitement préventif peut aussi être prescrit afin de diminuer la fréquence et l’intensité des crises, au bout de 4 à 8 semaines d’utilisation. Il repose principalement sur des bêta-bloqueurs, des antidépresseurs, des anticonvulsivants et la toxine botulique. « Chaque thérapie se doit d’être individualisée et encadrée par un professionnel de la santé », rappelle Sandra Bélanger.

Des trucs

  • Être attentif aux prodromes, qui surviennent chez 30 % des patients. Ces signes précurseurs (bâillements, changement d’humeur, irritabilité, douleurs dans le cou, difficultés de concentration) peuvent survenir environ 12 heures avant le début du mal de tête. Les cerner rapidement permet de prendre le médicament plus tôt.
  • Tenir un journal des crises migraineuses pour identifier les déclencheurs. Les personnes atteintes de migraine remarquent souvent que leurs crises surviennent en cas de changement météorologique, de stress ou à certains moments du cycle menstruel, ou encore après avoir consommé des aliments particuliers.
  • Adopter un mode de vie sain. Des études ont prouvé que l’hypoglycémie et le manque de sommeil favorisent les crises. C’est pourquoi il est conseillé d’avoir une bonne alimentation, ainsi que des horaires de repas et de coucher réguliers.
  • Éviter l’abus d’antidouleurs. C’est un cercle vicieux : la consommation excessive d’analgésiques en cas de maux de tête peut causer… des maux de tête ! On parle alors de céphalées d’origine médicamenteuse qui peuvent être quotidiennes. Mieux vaut limiter la consommation d’analgésiques à moins de 15 jours par mois; et la consommation de triptans, de dérivés ergotés ou de combinaison d’analgésiques à moins de 10 jours par mois, conseille l’article du Lancet.

 

Cet article fait partie d’un dossier répondant aux 50 questions de santé les plus fréquemment entrées par les Québécois dans le moteur de recherche Google. Pour accéder à toutes les questions de santé, cliquez ici.

 

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