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Santé

RU 486: Le droit des femmes progresse au Canada

03-08-2015

Vingt-cinq ans après la France et la Chine, 20 ans après le Royaume-Uni et la Suède, 15 ans après les États-Unis, ça y est: le Canada peut désormais offrir aux femmes le choix entre avortement médicamenteux et avortement chirurgical, puisque la mifepristone (Mifegymiso), ou pilule abortive, vient d’obtenir fin juillet une autorisation de mise en marché.

« La décision d’autoriser Mifegymiso pour le marché canadien a été prise à la suite d’un examen détaillé des données fournies par le promoteur appuyant la sécurité, l’efficacité et la qualité du produit », peut-on lire sur le site de Santé Canada.

Il faut dire que l’organisme a pris son temps pour rendre sa décision: la demande de commercialisation de la mifépristone a été déposée fin 2012 par Linepharma International Limited. Alors que la procédure d’examen classique prend environ 18 mois, il aura fallu 31 mois pour que Santé Canada approuve finalement la pilule abortive, aussi connue sous le nom RU-486.

Pourtant, les données cliniques ne manquent pas: déjà utilisée dans 57 pays, parfois depuis 25 ans, comme c’est le cas en France, la combinaison mifépristone et misoprostol est incluse dans la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé. La prise successive de ces deux molécules permet de pratiquer un avortement médicamenteux précoce, avant la 5ème ou 7ème semaine de grossesse, selon la législation du pays.

Pour bien des femmes, cet avortement médicamenteux est considéré comme une méthode de choix, préférable à l’aspiration chirurgicale pratiquée au bloc opératoire. En France, en Suède ou au Royaume-Uni, plus de la moitié des interruptions volontaires de grossesse (IVG) se font ainsi par médicament. Aux États-Unis, c’est le cas dans 20% des procédures.

Le médicament autorisé au Canada combine les deux molécules « pour usage séquentiel dans l’interruption d’une grossesse intra‑utérine jusqu’à un âge gestationnel de 49 jours ». Le produit devrait être disponible en janvier 2016.

Pour en savoir plus sur la situation canadienne et l’usage de la RU-486, relisez notre reportage ici.

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