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15-11-2018

Dans une étude inspirée du film Super Size Me, un chercheur montre que l’entraînement à haute intensité peut compenser les effets néfastes de la malbouffe.

Dans le documentaire Super Size Me, sorti en 2004, l’Américain Morgan Spurlock se nourrit exclusivement de repas chez McDonald’s pendant un mois. Au terme de cette période, il constate qu’il a pris 11 kg et qu’il a un taux de cholestérol élevé, des sautes d’humeur et des problèmes de foie notamment.

Ce film a inspiré une étude d’Antony Karelis, chercheur en sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « On sait que la malbouffe augmente les risques de maladies cardiovasculaires et que l’entraînement par intervalles est une méthode très efficace pour diminuer les complications métaboliques associées à ces maladies. Pourquoi ne pas combiner les deux ? » s’est demandé le chercheur, qui a travaillé en collaboration avec son collègue Christian Duval, également de l’UQAM.

« Il y a près de 90 millions d’Américains qui mangent de la malbouffe quotidiennement. Des athlètes se disent qu’ils peuvent eux aussi en manger s’ils font de l’exercice. L’entraînement protège, oui, mais on ne sait pas jusqu’à quel point », ajoute Antony Karelis.

À la différence du film, leur expérience à saveur de Big Mac s’est déroulée sur 14 jours − à la demande du comité d’éthique de la recherche − et comprenait une séance quotidienne d’entraînement intense. Les 15 volontaires étaient tous des hommes actifs physiquement et âgés de 18 à 30 ans.

Ces derniers n’ont pas rechigné à l’idée d’avaler un trio McDo pour déjeuner, dîner et souper. « C’est la partie “entraînement” qui s’est révélée un défi pour eux », souligne le chercheur.

L’entraînement par intervalles à haute intensité consistait en 15 sprints d’une minute, entrecoupés d’une minute de marche sur un tapis roulant. « La littérature scientifique démontre que c’est une méthode très efficace pour obtenir des bienfaits pour la santé. Le concept de cet entraînement est qu’on fatigue le muscle, on le repose et on le fatigue de nouveau », explique Antony Karelis.

Grâce à cet entraînement, les participants dépensaient entièrement les quelque 3441 calories consommées tous les jours en moyenne. En revanche, ils ingurgitaient 4 724mg de sodium par jour, alors que Santé Canada recommande un apport maximal de 2 300 mg…

L’effet protecteur du sport

Au bout des deux semaines, l’équipe de chercheurs a comparé les bilans de santé des participants avant et après l’expérience. Mis à part des problèmes gastro-intestinaux mineurs rapportés par deux volontaires, la majorité a conservé un bon état de santé, apprend-on dans l’étude publiée dans le journal Nutrients en août 2017. « En général, on constate qu’il n’y a pas eu de détérioration de la plupart des paramètres à l’étude [NDLR : pression artérielle, taux d’insuline et de glucose entre autres]. Un seul, le niveau de bon cholestérol, avait diminué après l’expérience », mentionne Antony Karelis.

Même si l’entraînement par intervalles à haute intensité peut avoir un effet protecteur contre la malbouffe, le chercheur indique que des études supplémentaires sont requises pour le confirmer. Il aurait d’ailleurs souhaité répéter l’expérience chez les femmes ou sur un plus grand groupe par exemple. « Notre objectif était d’arriver à déterminer le seuil d’activité physique minimal nécessaire. Mais faute de financement, l’étude n’a pas été prolongée ». Il vaut donc mieux tempérer ses envies de malbouffe !

Ce reportage fait partie du supplément réalisé en collaboration avec le réseau de l’Université du Québec

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