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Santé

Stimulation cérébrale contre dépression?

17-04-2018

Des neurologues du Children’s Hospital, à Philadelphie, pourraient avoir trouvé une approche prometteuse pour guérir la dépression. En tout cas, ce traitement fonctionne chez les souris.

Souffrir de dépression n’est pas rose et en guérir n’est pas simple non plus. La prise de médicaments et un suivi en psychothérapie sont souvent efficaces, mais ce type de traitement ne fonctionne pas pour tout le monde et s’accompagne fréquemment de rechutes. La stimulation électrique de certaines zones du cerveau a déjà montré son efficacité dans certains cas de dépression persistante, et cette nouvelle étude, publiée dans Nature Medicine, pourrait un jour permettre d’affiner le traitement.

En effet, les chercheurs américains ont remarqué que la stimulation chimique du cortex entorhinal du cerveau de souris avait des effets antidépresseurs. Selon les auteurs, «il reste à savoir combien de temps cette stimulation, qui contribue à améliorer la mémoire et à réduire la dépression, persiste.»

Ce circuit est relié à l’hippocampe, qui joue un rôle dans la mémoire et l’apprentissage, et on savait déjà que sa stimulation pouvait améliorer l’apprentissage. Toutefois, selon Sunghee Yun, l’une des auteures, les neuroscientifiques n’avaient pas envisagé d’étudier si le cortex entorhinal pouvait également améliorer l’humeur.

La souris, le modèle animal pour étudier la dépression
Pour vérifier que ce circuit est impliqué dans l’état dépressif, les chercheurs ont identifié une protéine du cortex entorhinal, la protéine TRIP8b. Celle-ci est produite en situation de stress chez les souris et ralentit la communication entre les neurones dans le circuit cortex entorhinal-hippocampe.

En créant des souris génétiquement modifiées qui ne secrètent pas cette protéine, les chercheurs ont, en quelque sorte, « boosté » chimiquement le circuit neuronal en question. Ils ont remarqué que les rongeurs dépressifs avaient tendance à renoncer plus rapidement que les souris «de bonne humeur et génétiquement modifiées» face à des situations stressantes. Par exemple, placées dans un bocal d’eau, les souris dépressives s’immobilisaient au bout d’un moment, alors que les autres continuaient de nager beaucoup plus longtemps.

Bien évidemment, l’étude est encore au stade précoce et l’expérience n’a pas été testée sur des humains. Mais cela permet à la communauté de chercheurs de fouiller un peu plus en profondeur les méandres du cerveau pour offrir un jour des soins appropriés pour tous.

Selon une enquête de 2012 effectuée par Statistiques Canada, «près d’un adulte sur huit (12,6%) a indiqué avoir souffert à un moment de sa vie de symptômes qui répondent aux critères d’un trouble de l’humeur, dont 11,3% pour une dépression et 2,6% pour un trouble bipolaire».
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