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Sciences

Ces sourcils mobiles et expressifs, signe de l’évolution humaine

10-04-2018

Les sourcils, qui servent à refléter une gamme d’émotions, ont joué un rôle dans l’évolution de l’espèce humaine. 

Si on devait faire face à l’Homo heidelbergensis qui vivait il y a plus de 300 000 ans, on remarquerait à coup sûr ses imposantes arcades sourcilières lui donnant un air agressif et dominant. Certaines études ont avancé que cette anatomie faciale marquée aidait notamment à stabiliser la boîte crânienne lorsque l’individu se nourrissait d’aliments coriaces.

Grâce à la modélisation virtuelle du crâne de Kabwe, un fossile trouvé en Zambie, des chercheurs de l’université de York, au Royaume-Uni, suggèrent en fait que les arcades sourcilières de l’Homo heidelbergensis jouaient en grande partie un rôle social plutôt que de protection. En effectuant différentes simulations, ils ont diminué la taille des arcades sourcilières sur leur modèle virtuel et ont appliqué différentes forces à la mâchoire. Les chercheurs ont observé que les arcades proéminentes ont peu d’effets protecteurs.

Publiée récemment dans la revue Nature Ecology and Evolution, cette étude suggère qu’une telle ossature était un atout pour démontrer sa dominance par exemple, et était plus accentuée chez les hommes que chez les femmes, car cette structure anatomique est reliée à la production d’hormones sexuelles.

Au fil des millénaires, cependant, l’humain a perdu cet ossement imposant au profit d’arcades sourcilières plus douces. L’Homo sapiens a ainsi acquis une plus grande mobilité de la peau recouvrant l’os frontal.

Selon les auteurs, «ces sourcils velus et mobiles ont donné des moyens de communication pour établir des réseaux sociaux, en particulier pour exprimer des émotions plus nuancées telles que la reconnaissance et la sympathie, qui permettent une meilleure compréhension entre les personnes». Un des chercheurs ajoute que, telle une pièce de puzzle manquante, «les sourcils nous indiquent la façon dont les humains modernes ont réussi à s’entendre beaucoup mieux entre eux que les autres espèces d’hominidés, aujourd’hui disparues».

Photo: À gauche, le crâne de l’humain moderne. À droite, le crâne de Kabwe. Crédit photo: Paul O’Higgins, université de York.

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