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Sciences

Greffe d’utérus : en quoi ça consiste?

05-12-2018

Photo du nouveau-né tirée de la publication dans The Lancet.

La revue The Lancet vient d’annoncer la naissance d’un bébé en bonne santé suite à la première greffe d’utérus provenant d’une donneuse décédée, au Brésil.

Un total de 39 greffes d’utérus ont toutefois déjà été réalisées depuis 2013, avec des utérus issus de donneuses vivantes (souvent, la mère ou la tante de la patiente). Elles ont été effectuées en Suède et aux États-Unis, uniquement dans deux centres.

À qui s’adresse la greffe d’utérus?

Jusqu’ici, elle concerne surtout des femmes nées sans utérus, une malformation rare touchant environ une femme sur 4500. Au Brésil, en l’occurrence, la mère était atteinte du syndrome de Rokitansky, aussi appelé MRKH, qui se manifeste par une absence partielle ou totale du vagin et de l’utérus. Elle peut aussi être proposée à des femmes ayant subi une ablation de l’utérus ou ayant des séquelles d’une infection ou d’une opération, compromettant tout projet de grossesse.

Sur les 39 transplantations utérines réalisées grâce à des donneuses vivantes, 11 ont donné lieu à des naissances.

D’autres greffes d’utérus ont été réalisées à partir d’un organe d’une personne décédée, mais aucune à ce jour n’avait permis de voir naître un bébé.

En quoi consiste la greffe?

Une fois l’utérus prélevé sur la donneuse, il faut le « connecter » aux vaisseaux sanguins de la receveuse. Comme il ne s’agit généralement pas d’une greffe de remplacement, il faut raccorder l’organe à des vaisseaux qui ne servent normalement pas à irriguer l’utérus, comme les vaisseaux iliaques.

L’utérus doit aussi être fixé aux ligaments et aux tissus vaginaux, et pouvoir croître sans encombre lors de la grossesse. Car le volume de l’utérus est multiplié par 1000 pendant la gestation. Ce fait a un impact majeur sur l’irrigation et la physiologie du greffon.

Comment obtient-on une grossesse?

Après la greffe, si tout se passe bien, les menstruations apparaissent (dans le cas de la patiente brésilienne, elles sont survenues 37 jours après l’intervention). Une fécondation in vitro est alors effectuée, si c’est possible, avec les ovocytes de la patiente et les spermatozoïdes de son conjoint. L’embryon est implanté quelques mois après la greffe.

La mère doit évidemment suivre un traitement immunosuppresseur pour éviter tout rejet du greffon ; celui-ci n’a d’ailleurs pas vocation à rester indéfiniment. Son seul rôle est de mener la grossesse à terme, il doit donc être retiré immédiatement ou quelque temps après l’accouchement, par césarienne bien entendu.

L’utilisation d’utérus provenant de donneuses décédées pourrait faciliter l’accès à ce type d’intervention. Dans leur étude, les chercheurs estiment que l’infertilité concerne de 10 % à 15 % des couples en âge de procréer dans le monde. Parmi les femmes touchées, une femme sur 500 présenterait une anomalie de l’utérus.

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