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27 juin 2024
Temps de lecture : 1 minute

Le renard, meilleur ami de nos ancêtres?

Photo: Wikimedia Commons/Kevin Jones

Une étude révèle que Dusicyon avus, une espèce de renard aujourd’hui éteinte, pourrait avoir été notre fidèle compagnon il y a quelque 1500 ans.

Argentine, 1991. Des archéologues fouillent minutieusement un site funéraire datant de 1500 ans, près de Buenos Aires. De nombreux ossements sont exhumés : ceux de 24 individus, mais aussi… un squelette presque complet de canidé. En se fiant à sa morphologie, les scientifiques l’identifient comme un Lycalopex – un canidé proche du chien.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais trois décennies plus tard, une équipe de recherche a décidé de se pencher elle aussi sur ces ossements. Après des analyses génétiques, cela ne fait plus de doutes : le canidé est en réalité un Dusicyon avus, une espèce de renard éteinte depuis 500 ans.

Pourquoi a-t-il été enterré avec des humains ? « On sait que les renards avaient une importance symbolique pour les chasseurs-cueilleurs en Amérique du Sud », explique Ophélie Lebrasseur, zooarchéologiste à l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, qui a participé à cette étude réalisée en étroite collaboration avec l’Institut de l’évolution, de l’écologie historique et de l’environnement d’Argentine.

Mais une deuxième surprise attendait les scientifiques. Les ossements du renard ne présentaient pas de traces de découpes, qui auraient indiqué que l’animal avait été chassé puis mangé. À l’aide d’analyses isotopiques (qui comparent la « signature » de certains éléments chimiques des os avec celle de différentes sources de nourriture), son régime alimentaire a aussi été retracé. Celui-ci n’avait rien à voir avec son alimentation naturelle et était très semblable à celui des humains à ses côtés. Ces résultats ont été détaillés dans la revue Royal Society Open Science, en avril 2024.

« Ça démontre assez bien que [ce renard] pouvait avoir une relation plus forte qu’économique ou symbolique [avec les humains], qu’il peut même avoir été un compagnon à part entière dans leur société », avance la chercheuse.

De là à parler de domestication, il n’y a qu’un pas, qu’elle préfère ne pas franchir. « On n’a qu’un seul échantillon », rappelle-t-elle. De même, on peut imaginer que ce renard pourrait avoir aidé ses « maîtres » à chasser par exemple, mais tout cela reste très hypothétique. « Est-ce que cet individu avait moins peur des humains et a donc été mieux intégré ? C’est difficile à dire. »

Un autre mystère persiste : pourquoi Dusicyon avus s’est-il éteint ? Les analyses génétiques montrent qu’il n’aurait pas pu être croisé avec le chien domestique, donc l’hypothèse d’une « dilution » de l’espèce est écartée. Mais d’autres pistes restent ouvertes : changements climatiques, intensification de l’activité humaine…

Quoi qu’il en soit, cette recherche incitera peut-être d’autres équipes à réexaminer les vieux ossements oubliés sur les tablettes d’universités !

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