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Sciences

Le savoir autochtone peut-il protéger l’environnement?

15-11-2018

Photo: Jean-François Hamelin

Les « savoirs traditionnels » suscitent la méfiance, puisqu’ils ne sont pas validés scientifiquement. Des autochtones expliquent leur nature et leur pertinence pour la protection du territoire.

Jimmy Papatie arrête sa camionnette dans un paysage désolant. Tout autour de la montagne, les arbres ont été coupés ; la ligne est encore bien franche, même si la coupe date d’il y a plusieurs années. L’ombre se fait rare ; nous en aurions pourtant besoin en cette journée anormalement chaude de septembre. Seul un immense pin gris se tient debout. « Les forestières appellent ça un semencier. Mais il va mourir », lâche l’Anichinabé quinquagénaire, sur le ton de celui qui ne doute pas.

Il est le directeur des ressources naturelles de Kitcisakik, une communauté située dans la partie nord de la réserve faunique La Vérendrye et qui vit toujours sur son territoire ancestral de quelque 6 000 km2. Depuis 1998, en raison d’une entente spéciale, ses membres sont consultés par le gouvernement du Québec pour la réalisation des plans d’exploitation forestière. « On lui dit par exemple de ne pas couper le top des montagnes parce que l’orignal en a besoin durant l’hiver : il y a moins de neige. »

Jimmy Papatie sort son téléphone satellite et nous montre une application qui répertorie toutes les sections critiques du territoire : une frayère à esturgeons ici, des nids d’aigles à tête blanche là, des zones de cueillette de plantes… « Si le gouvernement nous apprend qu’il a prévu un couloir de 20 m autour du lac pour protéger les espèces, on peut demander de l’augmenter à 150 m et dire que c’est non négociable. On ne peut pas se permettre de perdre une seule autre espèce ; l’histoire du caribou des bois est le résultat de décennies à mépriser nos connaissances.» L’animal est pratiquement disparu de la région : il y reste seulement 18 bêtes en tout, selon un rapport du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de 2018.

Il est vrai que les habitants de Kitcisakik connaissent le territoire comme personne. Ce savoir est qualifié de « traditionnel ». Il comprend les connaissances transmises oralement, de génération en génération, sur des sujets aussi variés que les animaux, le climat, l’eau ou les plantes, ainsi que les savoir-faire et les philosophies basés sur des millénaires d’interaction avec l’environnement local. Aux yeux de la communauté de Kitcisakik − et de membres des autres communautés autochtones −, ces savoirs traditionnels sont essentiels pour préserver le territoire et la pratique d’activités ancestrales. Mais à quel point ces savoirs sont-ils pris au sérieux par les décideurs et les scientifiques?

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Des paysages captés à proximité de Kitcisakik. Une étude de 2005 révélait que plus de la moitié des superficies productives avaient été exploitées sur le territoire ancestral des habitants de cette communauté. Ce territoire a plusieurs visages: on trouve des forêts feuillues au sud, puis des forêts mélangées au centre et des résineux au nord.
Photo: Jean-François Hamelin

Sont-ils vraiment pris en considération dans les projets de développement (mines, exploitation forestière ou des hydrocarbures), dont la majorité sont mis en œuvre dans les régions éloignées, là où vivent des communautés autochtones, au Québec comme ailleurs dans le monde? Au total, on dit que quelque 20 % de la surface de la planète sont des territoires autochtones.

De 1970 à aujourd’hui

Au Canada, le premier cas de consultation des Autochtones pour évaluer un grand projet remonte à la fin des années 1970. Une commission d’enquête fédérale se penche alors sur la possibilité de construire un oléoduc au Yukon, dans la vallée du Mackenzie. Le juge Thomas Berger opte pour une approche révolutionnaire : il visite une trentaine de communautés nordiques pour produire son rapport, qui recommande finalement de ne pas aller de l’avant avec ce projet, ou à tout le moins de le reporter, pour protéger des terres et des cours d’eau qu’il a découverts comme essentiels à la survie de peuplements d’animaux. « Peut-être [les Canadiens] ont-ils commencé à comprendre qu’ils peuvent apprendre d’un peuple qui a réussi à vivre dans le Nord pendant des siècles, un peuple qui n’a jamais cherché à modifier l’environnement, mais plutôt à vivre en harmonie avec lui », écrit-il alors.

En 1992, le Canada devient signataire de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, qui stipule que les communautés autochtones « ont un rôle à jouer dans la gestion de l’environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles ». Mais il faudra attendre des jugements importants de la Cour suprême dans les années 2000 pour que la consultation des Autochtones soit systématique – une « obligation de consulter » qui est avant tout liée à leurs droits ancestraux ou issus de traités.

Ces promesses sur papier ne signifient pas que tout le monde est à l’aise avec le concept de « savoirs traditionnels ». « Tenir compte systématiquement du savoir autochtone, au même titre que la science et les données probantes, pourrait s’avérer problématique dans les cas où le savoir autochtone et la science se révéleraient contradictoires », écrivait l’hiver dernier Patrick Beauchesne, sous-ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, dans une missive adressée au gouvernement fédéral au sujet du projet de loi C-69, qui concerne les évaluations d’impact (voir l’encadré p. 19). À la suite du dévoilement de ce document, obtenu par Radio-Canada, Daniel Baril, anthropologue et militant pour la laïcité, enfonçait le clou dans une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir, y affirmant que ceux qui voient dans le « savoir autochtone », qui inclut la spiritualité, une plus grande richesse de points de vue sombrent dans un « relativisme postmoderniste tout aussi extrémiste que navrant ».

Pourtant, ailleurs dans le monde, on observe un intérêt croissant pour les savoirs traditionnels liés à la gestion des ressources naturelles et de l’environnement, à la conservation et au climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, par exemple, dit qu’il s’agit d’une « base inestimable pour développer les stratégies d’adaptation et de gestion des ressources naturelles en réponse aux changements, qu’ils soient environnementaux ou d’une autre nature ». L’Unesco a fourni en 2012 une revue de la littérature sur la contribution des savoirs autochtones pour la compréhension des changements climatiques. Manifestement, plusieurs ne voient pas d’opposition entre la science et les savoirs traditionnels ; des chercheurs s’attellent même à trouver comment bâtir des ponts entre ces deux « systèmes de connaissances ».

Question de langage

Rien n’illustre mieux cette tendance que la présence de Natan Obed, président élu de l’Inuit Tapiriit Kanatami, organisme qui représente les Inuits du Canada, à titre d’invité d’honneur du sommet de la recherche du G7 tenu à Montréal en mai dernier. Interrogé en marge de la rencontre, M. Obed reconnaît que le terme savoir traditionnel peut faire peur, d’autant plus qu’il est trompeur. « Il donne l’impression d’être figé dans le temps, alors que ce savoir évolue sans cesse. Notre science autochtone fonctionne un peu de la même façon que la science occidentale, qui a ses hypothèses, ses expérimentations et la revue des résultats par les pairs. Mais comme nous sommes une société orale, notre manière d’envisager la connaissance est évidemment très différente. Ça ne veut pas dire que nos résultats sont moins significatifs ; ils peuvent apporter plus de profondeur aux évaluations environnementales au bénéfice de tous. »

Jimmy Papatie est
le directeur des ressources naturelles de Kitcisakik, en Abitibi-Témiscamingue. Photo: Jean-François Hamelin

Des subtilités souvent difficiles à saisir pour les non-Autochtones. Également invitée à ce sommet, Gail Whiteman raconte comment elle a eu du mal à comprendre les Cris de la baie James à son arrivée à Nemaska (auparavant Nemiscau) et Eastmain, où elle effectuait des recherches doctorales en 1995. « J’étudiais les répercussions des projets de développement des ressources naturelles sur leur vie. Ils me répétaient continuellement : “Ça change notre façon de gérer.” Je me demandais ce qu’ils avaient à gérer ! » explique la Torontoise d’origine qui dirige aujourd’hui le Pentland Centre for Sustainability in Business à l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni.

Ses interlocuteurs l’ont alors invitée à les accompagner dans un camp de chasse le temps d’un hiver. Au bout de 10 semaines, c’est devenu clair comme de l’eau de roche. « Le savoir traditionnel est un système de gestion des ressources basé sur des millénaires d’observations détaillées et pointues, résume Gail Whiteman. C’est comme les chercheurs qui vont sur le terrain scruter les habitudes des oiseaux, sauf qu’eux ils sont toujours sur place et depuis des générations ! Mais les données archivées se transmettent à travers les histoires et les mythes, et l’on n’est pas habitués à ce genre de langage. »

« Je vais vous raconter une histoire », nous annonce d’ailleurs à plusieurs reprises Jimmy Papatie, pendant que nous explorons l’érablière de laquelle la communauté tire un sirop bien noir, puis le séchoir à champignons, sans oublier les rivières du coin. Il y a eu celle de l’ours qui se soigne, celle du bouleau qui était orgueilleux et celle de sa grand-mère. « Quand elle était jeune fille, elle est arrivée en canot devant une magnifique forêt de pins gris. Et là, un arbre lui a parlé. Il lui a dit : “Un jour, on va tous partir. Et tu vas voir ça de ton vivant.” Et c’est arrivé, avec les coupes forestières ! Mais les Blancs ne me croient pas vraiment quand je dis ce genre de choses… Moi-même, j’étais sceptique quand mon grand-père m’a dit qu’il me fallait apprendre de l’ours pour survivre ! Apprendre de l’ours !? J’ai compris plus tard. »

Qu’est-ce que l’évaluation d’impact?

L’évaluation d’impact est un processus utilisé partout sur la planète pour analyser les projets de développement susceptibles de modifier de façon significative l’environnement. Elle comprend un examen des effets du projet sur les plans environnemental, économique et social. Elle propose aussi des moyens d’atténuer les répercussions. Tout cela dans le but d’éclairer les décideurs. Il en existe différentes versions, selon le type de projet et l’autorité concernée (gouvernement provincial ou fédéral par exemple).

Savoirs marginalisés

Ce décalage sur le plan du langage explique peut-être en partie le constat sans appel du comité d’experts mandaté en 2016 par Ottawa pour revoir les processus d’évaluation environnementale avant la rédaction du projet de loi C-69 : le savoir traditionnel est marginalisé, voire mis en doute par les professionnels qui chapeautent ces évaluations.

Il est en outre « fréquent de reléguer le savoir autochtone à une annexe isolée, ce qui empêche ces précieuses connaissances d’influer sur le projet et sur les résultats de l’évaluation environnementale », affirmaient les auteurs, qui donnaient des directives explicites sur la façon de recueillir et d’intégrer le savoir autochtone aux processus.

Si le projet de loi C-69 est adopté (au moment d’écrire ces lignes, il était étudié au Sénat), une nouvelle agence canadienne d’évaluation d’impact sera créée. Elle devra indiquer clairement, à la fin de ses rapports, « comment le savoir autochtone a été pris en compte au cours de l’évaluation », assure un porte-parole de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Catherine McKenna. Le gouvernement devra faire de même quand il rendra ses décisions. De plus, un comité consultatif autochtone mis en place cet automne doit conseiller le gouvernement sur l’application du nouveau modèle.

Le Canada n’est pas le seul à peiner dans ce dossier. Partout dans le monde, on a du mal à faire une place aux savoirs traditionnels dans les évaluations d’impact, observe l’épidémiologiste canadienne Marla Orenstein. « Les autres pays sont peut-être même un peu à la traîne derrière le Canada. Il y a encore beaucoup d’incertitudes quant à la façon de tenir compte des savoirs autochtones et dont cette prise en compte doit être considérée ensuite par l’autorité qui approuve le projet », affirme la présidente sortante de l’International Association for Impact Assessment, qui travaille à la Canada West Foundation, un groupe de réflexion albertain.

À l’heure actuelle, les rapports d’évaluation d’impact comportent une faille importante, selon elle : les enjeux y sont traités isolément. « Il y a un chapitre sur l’hydrogéologie, un qui aborde les effets sur la végétation, puis sur la qualité de l’air, etc., illustre Marla Orenstein. Tout cela ne répond pas aux questions des communautés sur la manière dont le projet influencera leur qualité de vie, leur territoire, leurs relations avec leurs voisins… Quand le savoir traditionnel est bien intégré, il fournit des réponses précises à ces questions. Donc le problème, ce n’est pas le savoir traditionnel, c’est le reste ! »

C’est d’ailleurs ce qui a mené Suzy Basile, une Attikamek, à faire un doctorat en environnement. « Dans cette discipline, il n’y a pas d’humains dans l’équation : on se place au-dessus et on tente de gérer la nature. Je voulais apporter la vision qu’ont les peuples autochtones de l’environnement, c’est-à-dire un tout dont on fait partie et pour lequel on ne peut pas avoir la prétention de tout décider », dit celle qui est aujourd’hui professeure à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Dans une vaste salle communautaire de La Petite-Bourgogne, à Montréal, où elle m’entraîne, se déroule l’« exercice des couvertures ». Il s’agit de la dernière activité de la journée tenue à l’occasion de la rencontre internationale Femmes en résistance face à l’extractivisme, qui s’est déroulée sur trois jours en avril dernier. Suzy Basile y est venue en observatrice. De véritables pièces d’étoffe sont étendues sur le sol et pliées au fil du récit de la colonisation au Canada pour symboliser la dépossession des peuples.

Suzy Basile réfléchit à la lettre du sous-ministre Patrick Beauchesne. « Pour les gouvernements, particulièrement le Québec, on est une boîte de Pandore. Ils se demandent s’ils vont perdre quelque chose en discutant du territoire avec nous. Pourtant, l’idée est de partager les ressources et le territoire, pas d’enlever la couverture à l’un pour la donner à l’autre. »

Le capteur de rêves fait partie de la culture de plusieurs nations. Celui-ci est accroché au dépanneur de Kitcisakik. Photo: Jean-François Hamelin

La science qui intègre les savoirs traditionnels: opportuniste?

Des articles scientifiques cosignés par des membres des communautés autochtones ? Ça existe. Les scientifiques non autochtones souhaitent ainsi refléter l’apport des savoirs traditionnels à leurs travaux. Mais cette reconnaissance est-elle suffisante ?

D’autres chercheurs choisissent plutôt de ne pas inclure les savoirs traditionnels dans leurs articles scientifiques, même s’ils leur seraient utiles, pour ne pas les « voler ». Ce fut le cas en Australie pour des recherches sur des espèces d’oiseaux qui contribuent à répandre le feu, de façon volontaire, pour pouvoir s’alimenter de carcasses brûlées, un phénomène bien connu de différentes communautés aborigènes. L’équipe a exclu les témoignages d’aborigènes recueillis, sauf ceux de garde-feux, et a plutôt fait de l’observation directe et des entrevues avec d’autres intervenants. Des publications cosignées avec des aborigènes pourraient toutefois suivre.

La propriété intellectuelle en lien avec les savoirs autochtones fait l’objet d’une réflexion à l’échelle de la planète. Au Canada, par exemple, le projet de loi C-69 prévoit la possibilité que des connaissances particulières soient tenues confidentielles, comme l’emplacement exact d’un lieu sacré.

Le soutien de la science

La communauté innue de Mashteuiatsh, située près de Roberval, mobilise beaucoup de ressources pour répondre chaque année à une flopée de demandes de consultation. « Et de façon générale, à la fin, on est déçus. Les compromis se font souvent juste de notre côté, pas de celui des gouvernements », dit Hélène Boivin, coordonnatrice au développement de l’autonomie gouvernementale.

Si bien que sa communauté se tourne vers la science dans l’espoir de mieux faire valoir ses inquiétudes et de convaincre les décideurs. Elle travaille présentement avec une équipe de l’Université Laval pour construire un outil de mesure des effets cumulatifs des différents projets, ce qui aidera à déterminer quelles sections du territoire sont saturées et lesquelles peuvent encore absorber des perturbations. Il faut dire que le territoire ancestral des Pekuakamiulnuatsh de Mashteuiatsh est le théâtre de bien des activités, dont l’exploitation forestière et la villégiature.

Mais ils trouvent triste de devoir recourir à la validation scientifique pour être entendus. « Ça nous blesse quand notre savoir n’est pas considéré sur un pied d’égalité avec celui des biologistes et autres spécialistes, qui ont tout notre respect, soit dit en passant, mentionne Charles-Édouard Verreault, conseiller élu responsable du dossier du territoire à Mashteuiatsh. Nous faisons pourtant de la recherche depuis des millénaires pour trouver comment survivre sur ces terres. »

« On a protégé nos territoires avec succès pendant longtemps, et l’on sait toujours comment le faire », renchérit Deborah McGregor, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice environnementale et les droits des peuples autochtones à l’Université York, à Toronto.

Cette Anichinabée de la Première Nation Whitefish River se fait d’ailleurs catégorique : les évaluations environnementales ne protègent pas l’environnement. Elle estime qu’il est peut-être temps de parler de gouvernance autochtone, un concept qui va beaucoup plus loin que la simple consultation; ici, il est question de pouvoir décisionnel. « Cela fait 20 ans que les gens me disent qu’ils ne savent pas comment intégrer les savoirs traditionnels. Et ceux qui ont compris ne veulent pas le faire parce que cette intégration changerait la gestion des ressources au Canada et ils ne sont pas prêts à ça. »

Qui plus est, l’essence du savoir est complètement perdue si ses détenteurs ne sont pas assis à la table où sont prises les décisions, argue-t-elle. Elle rappelle d’ailleurs que le Canada a adhéré à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui parle de « consentement préalable » nécessaire pour entreprendre tout projet ayant des incidences sur les terres ancestrales et les ressources s’y trouvant.

Certains chercheurs et écologistes soutiennent la gouvernance autochtone, comme Linda Etchart, une chercheuse britannique qui travaille avec des communautés de la forêt amazonienne et qui écrivait dans la revue Palgrave Communications en 2017 : « Si les communautés autochtones réussissent à garder le contrôle sur leurs territoires et peuvent maintenir leurs habitudes, leurs traditions et leurs modes de vie, elles seront peut-être capables de résister au développement et aux conséquences délétères de la modernité. »

Jimmy Papatie, de Kitcisakik, y veille. Il nous montre une carte des claims miniers situés au nord du territoire de sa nation. Des centaines de taches rosées cerclent la région, mais aucune ne figure à l’intérieur, puisque le statut de réserve faunique ne permet pas l’exploitation minière. « Notre communauté travaille sur une politique minière quand même. Peu importe ce qui arrive, on sera prêts. »

La mémoire orale est-elle sous-estimée?

C’est le propos du livre The Edge of Memory: Ancient Stories, Oral Tradition and the Post-Glacial World, publié récemment par l’anthropologue Patrick Nunn, de l’Université de la Sunshine Coast. Il a interrogé des communautés du sud de l’Australie qui ont vécu isolées les unes des autres pendant des millénaires. Son constat : leurs histoires se recoupaient et documentaient des évènements majeurs survenus il y a plusieurs milliers d’années, comme la montée rapide du niveau de la mer après la dernière glaciation.

 

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