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Société

Chercheur…et réfugié

24-08-2017

Menacés, censurés ou sans travail pour cause de guerre, de nombreux chercheurs quittent leur pays d’origine. Certains d’entre eux peuvent poursuivre leur carrière grâce à l’aide du réseau Scholars at Risk.

«S’il vous plaît, ne mentionnez pas mon nom dans votre article, ça pourrait être dangereux. Dites que je m’appelle Aly. »

D’une voix douce, Aly explique qu’il a dû fuir le Pakistan en 2014 à cause des menaces proférées à l’endroit de sa femme, une militante des droits de la personne. « Nous avons toujours tous les deux milité et exprimé nos opinions, mais là, il était clair que nous devions partir », explique le spécialiste en développement humain. Il a trouvé refuge dans une université aux Pays-Bas, puis dans une autre en Suède. Il y a quelques mois, il a abouti à l’Université McGill à Montréal. Ses pérégrinations sont chaperonnées par le réseau international Scholars at Risk (SAR), une organisation qui permet aux universitaires menacés de poursuivre leur carrière.

Car le cas d’Aly est loin d’être isolé. De nombreux chercheurs, professeurs et doctorants dans le monde sont censurés, détenus, intimidés ou attaqués à cause de leurs travaux ou de leurs prises de position. D’autres sont en danger ou ne peuvent plus travailler en raison des conflits dans leur pays.

Depuis sa création en 2000 aux États-Unis, SAR a reçu 2 000 demandes d’assistance et réussi à décrocher des postes temporaires pour 700 universitaires. Irak, Iran, Syrie, les appels proviennent majoritairement du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ainsi que de l’Afrique subsaharienne, et de l’Asie du Sud. En 2015 et 2016, cependant, le nombre de requêtes a explosé, passant de 200 à 560. La cause ? La chasse aux universitaires orchestrée par le gouvernement turc en proie à une dérive autoritaire.
Pour offrir l’asile à ces scientifiques, SAR compte sur un réseau de 475 universités dans 36 pays. Parmi elles, on dénombre 16 universités canadiennes, dont deux sont québécoises : l’Université du Québec à Montréal, qui s’est récemment jointe au réseau et qui compte recevoir son premier chercheur durant l’année scolaire 2017-2018, et l’Université McGill.

Illustration: Eric Petersen

>>> Lire la suite de ce reportage dans le numéro de septembre 2017

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