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Société

Expédition AKOR: Combiner science et aventure

08-02-2018

Photo : Expédition AKOR

Du 7 juin à la fin août, Nicolas Roulx, Pier-Luc Morissette, Philippe Poulin, Charles Fortin, Sarah-Jeanne Giroux et Guillaume Moreau pagaieront 1500 km entre Schefferville et le village inuit de Nain, en passant par les Monts Torngat. En cours de route, les membres de l’expédition AKOR croiseront des ours polaires, goberont des nuées de moustiques et feront évoluer les connaissances scientifiques du Nord, comme le faisaient avant eux certains botanistes, il y a plus de 100 ans.

« Nous ferons une pierre, deux coups, quitte à être sur place », explique Guillaume Moreau, futur étudiant au doctorat en sciences forestières à l’Université Laval et instigateur du projet. Le long de la rivière George, qu’elle remontera en entier en formule canot-camping, la bande prendra soin de prélever des carottes d’arbres, puis de les ramener dans ses embarcations pour fins d’étude. « Cette technique d’échantillonnage permet d’avoir une bonne idée de la vie des arbres et de la manière dont le changement climatique affecte leurs propriétés fondamentales », dit-il.

Opportunité en or

En plus d’être peu exploré, ce coin du globe se trouve aussi à être parmi ceux qui se sont le plus réchauffés dans les deux dernières décennies. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu Alexis Achim, directeur du Centre de recherche sur les matériaux renouvelables, d’embarquer dans cette folle idée, lorsqu’il a été approché. « Guillaume nous offre une opportunité incroyable d’assembler un jeu de données unique. En plus, la collecte ne coûtera presque rien à réaliser », lance le professeur au Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval.

D’une certaine manière, les travaux que mèneront l’expédition AKOR s’inscrit en étroite ligne avec ceux, similaires, menés il y a dix ans par l’équipe du chercheur Serge Payette, de l’Université Laval. À l’époque, le professeur du Département de biologie — qui est de mèche dans l’actuel projet — avait recueilli des échantillons de bois à partir du parc national des Grands-Jardins jusqu’au-delà du 52 parallèle nord. Cette fois-ci, toutefois, les six pagayeurs dépasseront ce cap.

S’il a bien quelques idées en tête quant à ce qu’il observera dans ces carottes de bois, Alexis Achim se garde bien de les tenir pour définitives. « La vérité, c’est qu’on ne sait pas ce qu’on va trouver, puisque de tels travaux autour du bassin versant de la George n’ont jamais été réalisés. Toutes les hypothèses sont sur la table pour l’instant », indique-t-il.

 

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