Photo: Pontus Wellgraf/Unsplash
Vous cherchez des idées pour stimuler votre curiosité cet été? Voici quelques propositions qui vous feront voyager.
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Photo: Excurio MNHN
Voyage dans le temps
Être capable de reculer dans le temps pour rencontrer une personnalité marquante du passé, ça serait chouette. Mais revenir en arrière de 3,5 milliards d’années pour voir naître la vie sur Terre ? Là, ça serait carrément vertigineux. L’aventure est maintenant possible grâce à l’expérience de réalité virtuelle Mondes disparus, qui est proposée jusqu’à l’automne dans le Vieux-Port de Montréal.
Fruit de la collaboration entre l’entreprise française Excurio et le Muséum national d’histoire naturelle de France, Mondes disparus propose un parcours immersif qui transporte le public à travers plusieurs étapes de l’évolution de la vie, avec de multiples bonds dans différentes ères. Les visiteurs et visiteuses, en groupes de quatre au maximum, déambulent en portant un casque imposant, mais confortable, qui les plonge dans un monde virtuel, visuel et sonore.
Mondes disparus, produit à Montréal par le Studio Phi, suit une trame narrative simple. Nous sommes en 2223, et un accident nous propulse dans le passé. Tout au long du retour dans le temps, nous suivons notre guide, Charlie, et son robot, Darwin. On découvre en accéléré les différentes ères géologiques, leur faune et leur flore, leurs caractéristiques. Et, oui, il y a des dinosaures, bien gros et vraiment très, très près de nous.
« C’est [notre] expérience immersive à laquelle le plus de spécialistes ont collaboré, explique Fabien Barati, cofondateur d’Excurio. Une trentaine de paléontologues ont participé à la conception. » De l’écriture du scénario à la production 3D, les espèces, les écosystèmes et les paléopaysages sont fidèles aux données scientifiques.
Vers la fin des 45 minutes de voyage, on voit évoluer l’humain au cœur de la biosphère, dans une prise de conscience « remplie d’espoir », note M. Barati. On véhicule dans la production le fait qu’Homo sapiens doit rester humble face à la complexité de « toutes les espèces qu’il y a autour de [lui], tant animales que végétales ».
Mondes disparus, au 2, rue de la Commune Ouest, à Montréal, durée de 45 minutes, jusqu’au 13 octobre 2025. Pour les personnes de 8 ans et plus.

Photo: maison 4:3
La tête dans les étoiles, les pieds sur terre
Lors de votre prochaine visite au Planétarium de Montréal, prévoyez un peu plus de temps pour flâner dans l’exposition Hubert Reeves entre les lignes, encore en place pour la prochaine année au moins. Le travail du grand astrophysicien, communicateur hors pair et écologiste avant l’heure, est notamment mis en lumière grâce à une ligne du temps. On y trouve des photos d’archives et des objets ayant appartenu au scientifique au sourire tendre, décédé en octobre 2023. Le Planétarium décore aussi son bistro des œuvres de Reeves. On pourra consulter certains de ses nombreux ouvrages, en plus d’entendre sa voix rassurante dans des extraits de la série balado Hubert Reeves, conteur d’étoiles, produite par Radio France. L’écran de la cafétéria diffusera aussi tous les jours à 14 h 30 un documentaire de l’ONF consacré à celui qui « a fait office de trait d’union entre l’infiniment grand et l’infiniment petit ».
Hubert Reeves entre les lignes, au Planétarium de Montréal, jusqu’à l’été 2026.
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Un corps sain sur une planète en santé
En décembre dernier, la docteure Claudel Pétrin-Desrosiers nous faisait réfléchir dans un entretien avec Québec Science aux liens serrés entre la santé et l’environnement. La médecin de famille, présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, a récemment étayé ses idées dans un essai. Et c’est tellement fluide et logique qu’on en sort chargé d’étranges sentiments contradictoires. En fait, Santé planétaire : prescriptions médicales pour un environnement sain nous enrage et nous décourage à cause de la façon dont l’espèce humaine traite sa maison, au cœur d’une « triple crise écologique ». Mais le livre réussit également à nous insuffler une bonne dose d’optimisme. L’autrice avance toutes sortes de solutions, parfois individuelles, mais surtout collectives, pour corriger la situation. Au fil de la lecture, il est plus qu’évident qu’il faut faire sauter les barrières entre la santé telle qu’on la conçoit autour des hôpitaux et celle plus macroscopique de notre planète. « Je suis habitée par l’idée que la plus belle médecine que l’on puisse offrir est une médecine qui s’ancre dans l’environnement, qui est en équilibre avec lui », dit l’autrice.
Santé planétaire : prescriptions médicales pour un environnement sain, par Claudel Pétrin-Desrosiers, Écosociété, 224 p.
Une bonne inspiration
Depuis longtemps, le docteur Alain Vadeboncœur prend la parole pour traiter du système de santé québécois. Il a aussi vulgarisé la science du corps humain, notamment dans son livre Cœurs (2023). L’urgentologue revient dans les librairies avec un nouvel effort, Poumons : du premier au dernier souffle, qui explore avec minutie notre système respiratoire. Au fil des pages, l’auteur nous tient en haleine grâce à de multiples récits et anecdotes, racontés ici avec humour, ailleurs avec délicatesse et émotion. L’entrée en matière plus technique, graphiques à l’appui, permet de bien comprendre la mécanique de la respiration. Le médecin propose ensuite une sorte de guide médical très digeste où sont explicités les différents maux, grands ou petits, liés aux poumons. Chaque fois, il tranche l’information en cinq segments : causes, symptômes, diagnostic, traitement et prévention. L’air de rien, l’ouvrage progresse entre littérature scientifique et lecture de chevet.
Poumons : du premier au dernier souffle, par Alain Vadeboncœur, Éditions de l’Homme, 296 p.
La bougeotte
Après avoir creusé pour les jeunes le monde des constructions incroyables et des inventions épatantes, l’historienne Evelyne Ferron et l’illustratrice Jordanne Maynard reprennent du service en racontant l’épopée de toutes sortes de moyens de transport marquants. Très coloré, simple à lire et amusant, le livre Civilisations : histoires de véhicules extraordinaires incite son public à ses premières réflexions sur le besoin de l’humain de se déplacer, parfois pour survivre, parfois pour explorer. On file de la pirogue au traîneau à chiens en passant par le palanquin, la montgolfière, la voiture à essence et le sous-marin. En tout, l’ouvrage présente 17 engins, au fil desquels on voit la science avancer. En finale, Mme Ferron ouvre la discussion sur la pollution, une discussion à avoir à la maison, en famille. L’ouvrage est classé pour les 9 ans et plus, mais il sera apprécié en co-lecture bien plus tôt que ça.
Civilisations : histoires de véhicules extraordinaires, par Evelyne Ferron et Jordanne Maynard, Fides jeunesse, 48 p.
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Le droit au choix
Le dossier du droit à l’avortement, que l’on croyait – naïvement ? – réglé pour de bon, intéresse ces temps-ci les documentaristes. Et c’est peut-être là le signe que les fondations se fissurent. Après La peur au ventre, le documentaire réalisé par Léa Clermont-Dion, voici Libres de choisir, des réalisatrices Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert. L’équipe a installé avec délicatesse ses caméras dans les locaux de deux cliniques québécoises, avant, pendant et après les interventions. L’approche permet de saisir l’importance de l’avortement, mais aussi ses conséquences directes et indirectes sur la vie, la santé et les émotions des femmes. Libres de choisir explore parallèlement la montée du mouvement pro-vie, surtout lié, pour l’instant, à la religion. L’œuvre met aussi en lumière les difficultés d’accès à l’avortement au pays. Il faut souligner la force et la richesse des nombreux témoignages qui rythment cet émouvant documentaire. « C’est très triste de penser que je finis ma carrière avec le sentiment qu’il faut encore se battre », laisse tomber l’infirmière Jacqueline Côté, que l’on voit travailler aux côtés de sa fille médecin. À écouter en couple, ou avec les ados, tiens, pour alimenter une importante discussion et colmater les fissures.
Libres de choisir : aux premières lignes de l’avortement, de Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert, 52 minutes. À regarder sur Tou.tv Extra.