L’industrie de la vieille$$e, websérie en 11 épisodes.
Voici les propositions culturelles de notre journaliste: documentaire sur l’industrie de la vieillesse, des livres à lire cet été et un balado troublant sur des patients soumis à des électrochocs dans les années 1950.
REGARDER
Pour un âge plus doré
Sachant que le quart des Québécois fera partie de l’âge d’or d’ici 2031, une réflexion sur le vieillissement est impérative. Le réalisateur Denys Desjardins amorce cette conversation dans sa websérie L’industrie de la vieille$$e, produite par Les films du Centaure. Il documente la (souvent triste) réalité de vieillir dans le Québec d’aujourd’hui en donnant la parole à des gens qu’on entend trop peu : gériatres, démographes, préposés aux bénéficiaires, aidants naturels, et, bien entendu, les aînés. Au fil de témoignages touchants et de questions urgentes posées par les spécialistes, cette série aux épisodes thématiques (la solitude, le coût des soins de santé, les résidences et les CHSLD) entrouvre le rideau sur un avenir qui ne s’annonce pas si rose − ni doré non plus.
L’industrie de la vieille$$e, websérie en 11 épisodes d’une dizaine de minutes chacun, présentée sur ICI TOU.TV.
LIRE
Le champ des possibles
S’ils ne se bercent pas d’illusions au sujet de la sixième extinction de masse, les 10 éminents chercheurs québécois derrière l’essai La Terre, la vie et nous : parlons d’espoir et de solutions sont résolument optimistes. Et après l’année mouvementée qu’on a vécue, la réflexion qu’ils proposent pour sauver la biodiversité fait l’effet d’une bonne bouffée d’oxygène. Chaque penseur observe l’enjeu de la crise climatique sous la lorgnette de sa spécialité, dont l’économie, le droit, la biologie marine et la psychologie. Ils rappellent ce qu’on a perdu au fil du temps et offrent des idées concrètes pour sauver ce qui peut encore l’être. Voilà un recul pluridisciplinaire éclairé (et éclairant !) pour mieux avancer en ces temps sombres.
La Terre, la vie et nous : parlons d’espoir et de solutions, collectif dirigé par Éric Dupont, Éditions Édito, 288 p.
La vie entre quatre murs
Après avoir partagé des bribes du quotidien des familiers de la plus importante gare d’Europe avec Paris Gare du Nord et raconté l’existence des habitants d’immeubles insalubres de la Ville lumière, Joy Sorman a passé une année dans les couloirs d’un institut psychiatrique pour À la folie (c’était avant la pandémie). Avec son habituelle délicatesse, l’auteure déniche des perles empreintes d’une beauté toute simple. Les personnages de son feuilleton sont émouvants, comme cette préposée à l’entretien qui rêve de devenir aide-soignante parce qu’elle aime trop les patients ou cette nouvelle interne prête à établir des diagnostics et les patients, bien sûr. Les thèmes abordés le sont tout autant : la fin des sorties spéciales, auparavant encouragées et désormais interdites faute de personnel et de moyens ; et la suppression du café-bar de la cafétéria − dernier semblant de vie « normale » pour les patients −, toujours pour des questions de ressources. Un documentaire romanesque teinté d’une fragile humanité qui nous renvoie en plein visage la considération que la société porte aux gens atteints d’une maladie mentale.
À la folie, par Joy Sorman, Flammarion, 288 p.
Mimétisme ingénieux
La nature est tellement inspirante, pas étonnant que les scientifiques en fassent leur muse ! Dans La nature est géniale, imitons-la !, les jeunes prendront plaisir à découvrir tous ces objets dont l’ingéniosité est puisée à même le monde qui les entoure. Pensons à la peau du requin, que les hôpitaux ont cherché à copier pour empêcher les bactéries de coller aux surfaces, ou aux poissons volants, qui ont inspiré l’invention des palmes à Léonard de Vinci. Présentant les scientifiques, pointant les initiatives passionnantes et abordant en toute sincérité les défis environnementaux qui découlent de certaines innovations, ce livre saura alimenter les réflexions des apprentis chercheurs.
La nature est géniale, imitons-la !, par Philippe Godard, Albin Michel, 160 p., dès l’âge de huit ans.
De l’eau et des duplicatas
Pour un chat, on peut dire que le professeur Astrocat n’a pas peur de se mouiller ! Après avoir exploré l’espace, la science et le corps humain, il mène cette fois les jeunes curieux au fond de l’océan. Le professeur et ses amis tendent les bras aux pieuvres et aux méduses, s’enfoncent dans les abysses à la découverte de l’écosystème gravitant autour des carcasses des baleines et des épaves et font le lien entre les courants marins et la météo. Chaque page tournée est une surprenante aventure et ses courtes capsules abordent de manière aussi brillante que décontractée le macro- et le micro- de la biologie marine. L’accord parfait avec des vacances au bord du fleuve !
Professeur Astrocat au fond des océans, par Dominic Walliman et illustré par Ben Newman, Gallimard Jeunesse, 69 p., dès l’âge de sept ans.
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Manipulation mentale
C’est un épisode profondément troublant de notre histoire que raconte le balado Brainwash : les cobayes oubliés, adaptation d’une enquête audio produite par la CBC. Dans un hôpital montréalais, à la fin des années 1950, des patients dépressifs ont accordé leur confiance la plus totale au réputé psychiatre Donald Ewen Cameron, qui les a enrôlés dans un projet financé en secret par la CIA et le gouvernement du Canada. Soumis à des électrochocs, à de puissants hallucinogènes et à des manipulations mentales, les cobayes du projet MK-Ultra ont gardé des séquelles irréversibles de ces expérimentations visant à étudier la reprogrammation du cerveau. Des décennies plus tard, le dossier est loin d’être clos ; les survivants et leurs familles attendent toujours des excuses officielles.
Brainwash : les cobayes oubliés, sept épisodes d’une trentaine de minutes à télécharger sur OHdio ou sur votre plateforme de balados préférée.