Vous avez besoin d’inspiration pour votre soirée au coin du feu? Notre chroniqueuse Émilie Folie-Boivin vous propose de découvrir une sélection de livres, un balado et un documentaire qui éveilleront votre curiosité!
LIRE
Identités plurielles
L’année dernière, votre magazine préféré publiait une entrevue avec la journaliste scientifique Lise Barnéoud sur les cellules microchimériques. Une nouvelle édition de son livre Ces cellules qui nous viennent d’ailleurs est maintenant disponible au Québec, bonifié d’une préface signée par Marianne Desautels-Marissal, journaliste et vulgarisatrice scientifique. Pour vous remettre dans le bain, le microchimérisme fait référence à la coexistence de deux populations de cellules génétiquement différentes chez un même individu. Les cellules « étrangères » sont entre autres transmises par une mère à son fœtus (et vice-versa) ou entre jumeaux dans l’utérus. L’autrice nous entraîne dans une enquête captivante sur ces cellules rares, d’abord perçues par les chercheurs et chercheuses comme des intruses nuisibles, mais auxquelles on a découvert un potentiel régénérateur. Un récit d’aventures exaltant sur nos identités biologiques plurielles et sur les splendeurs de nos réponses immunitaires.
Ces cellules qui nous viennent d’ailleurs : folles histoires du microchimérisme, par Lise Barnéoud, éditions Édito, 160 p.

Comment ça va, les gars ?
Bien que principalement destiné au monde de la recherche et à celui des soins en santé mentale, La santé mentale au masculin, de Robert E. Whitley, aborde un problème urgent et peu documenté qui mérite l’attention d’un public plus large. Les statistiques sont préoccupantes : deux suicides sur trois sont le fait d’hommes, selon l’Organisation mondiale de la santé. Comment expliquer le mal-être affligeant les mâles ? Le professeur au Département de psychiatrie de l’Université McGill a épluché la littérature scientifique pour brosser un portrait détaillé de divers enjeux, tels que l’écart des genres en matière d’éducation, la médicalisation du trouble du déficit de l’attention, l’environnement de travail et les effets du divorce. Ses conclusions battent en brèche certaines idées reçues sur la masculinité, par exemple le fait que les hommes ne savent pas bien exprimer leurs émotions.
La santé mentale au masculin : notions essentielles, par Robert E. Whitley, éditions Robert Laffont, 320 p.

Québec sur quatre roues
Alors que la région de Québec repense son réseau de transport et s’engage dans la mobilité active, pourquoi ne pas se replonger dans ces belles années où la voiture régnait en maître ?
Les Québécois au volant : la révolution de l’automobilisme dans la région de Québec, XIXe-XXe siècles, écrit par l’historien Étienne Faugier, explore cette transformation. Il analyse les conséquences de la motorisation – motoneiges et poids lourds inclus – sur la société québécoise. Développement des routes, signalisation, naissance de magazines consacrés au sujet, essor du tourisme et extension urbaine vers les banlieues : ce livre est une véritable capsule temporelle d’une époque (révolue) où l’auto représentait le symbole de tous les possibles. Intéressant pour comprendre le chemin parcouru et celui qu’il reste à parcourir pour décarboner nos déplacements.
Les Québécois au volant : la révolution de l’automobilisme dans la région de Québec, XIXe-XXe siècles, par Étienne Faugier, éditions du Septentrion, 306 p.
Le hip-hop selon elles
Malgré ses codes généralement associés à la masculinité et ses paroles flirtant avec le sexisme et la misogynie, le hip-hop compte de nombreuses admiratrices. Comment les filles, y compris celles qui se revendiquent féministes, réussissent-elles à s’identifier au genre en dépit de ce paradoxe ? C’est le sujet exploré dans Les reines de la ville, de Zénaïde Berg. La candidate au doctorat de sociologie à l’Université de Montréal propose dans cet essai basé sur son mémoire de maîtrise une incursion dans la psyché d’amatrices de rap. On a droit à une brève leçon sur l’histoire du rap québécois sur fond de dynamique de pouvoir genrée. On constate la difficulté qu’ont les filles de parler de leur passion sans se faire délégitimiser et le sentiment d’autonomisation inégalé que leur procure le hip-hop dans ses paroles les plus incisives.
Les reines de la ville : essai sur le féminisme et l’amour du rap, par Zénaïde Berg, éditions Somme toute, 96 p.
Destins à l’encre
Un tatouage est rarement « juste » un tatouage, comme le démontre Needle Work: A History of Commercial Tattooing in Canada. Il est rare que le tatouage s’immisce dans les cours sur l’histoire de l’art. Dans ce livre, le tatouage commercial – celui pratiqué pour un profit – est élevé à ce rang, sous le regard universitaire de Jamie Jelinski, auteur et chercheur postdoctoral au Département d’art et d’histoire à l’Université de Toronto. En couvrant plus d’un siècle d’évolution depuis les débuts modestes de la poignée de tatoueurs que comptait Montréal jusqu’à une scène aujourd’hui foisonnante, l’essai fouillé aborde le déplacement du lieu de tatouage ‒ d’endroits publics telles les arcades aux espaces plus privés comme les parloirs ‒, l’émergence des différents styles, la réglementation et, bien sûr, les artistes emblématiques. Enrichi d’une vaste collection de photos d’archives, Needle Work est une immersion fascinante et assez pointue destinée à un lectorat averti.
Needle Work: A History of Commercial Tattooing in Canada, par Jamie Jelinski, McGill-Queen’s University Press, 424 p.
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Loin du cœur
Alors que le séjour spatial des deux astronautes partis avec Starliner, prévu pour durer 8 jours, s’est prolongé de manière imprévue dans la Station spatiale internationale (ISS), l’écoute de Mission Mars : un long au revoir arrive à point nommé. Le documentaire canado-israélien examine la question complexe de l’isolement à long terme, en prévision du voyage aller-retour de près de trois ans vers Mars que la prochaine génération d’astronautes pourrait effectuer. Le film se penche sur les façons de préserver la santé mentale de l’équipage tout en tenant compte du désir humain d’explorer l’espace et du besoin de rester connecté avec la maison. Il se fait particulièrement poignant grâce aux vidéos d’archives et aux témoignages de l’astronaute Cady Coleman, qui a séjourné dans l’ISS pendant six mois en 2010, et de son fils Jamey, âgé de 10 ans à l’époque. En plus de ces perspectives personnelles, le film aborde les nouvelles technologies telles que les robots, la réalité virtuelle et même l’hibernation pour aider à combattre les effets pernicieux du confinement prolongé.
Mission Mars : un long au revoir, réalisé par Ido Mizrahy, 87 minutes. Sur demande sur vos plateformes et disponible pour visionnement gratuit en ligne sur le site de Télé-Québec.
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Moi ! Moi !
Les sciences avanceraient difficilement sans l’aide des personnes prêtes à participer bénévolement à des expériences et des études. Dans Les volontaires, un balado français de l’Inserm, plusieurs de ces cobayes expliquent ce qui les a motivés à prendre part à des recherches sur des sujets variés, comme les conséquences de la pollution atmosphérique sur la santé des enfants, les effets de la musicothérapie pour arrêter de fumer, ou encore l’influence de l’exposition à la lumière sur l’odorat. Leurs récits offrent un aperçu des défis auxquels font face aussi bien les scientifiques que les personnes participantes, dans une expérience auditive enrichissante.
Les volontaires, proposé par l’Inserm, environ 15 minutes par épisode. À écouter sur votre plateforme préférée.