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Société

Maison Notman: une nouvelle forme d’entrepreneuriat qui gagne Montréal

23-02-2015

Tous les trois ou six mois, une vingtaine de nouveaux locataires investissent la maison Notman, le quartier général des start-ups à Montréal. Ces jeunes, créatifs, talentueux et motivés, rêvent tous de faire les prochains Snapchat, Instagram ou WhatsApp. Le directeur, Noah Redler, explique l’engouement pour cette nouvelle forme d’entrepreneuriat hautement techno.  

Parlez-nous de cette culture entrepreneuriale des start-ups.

Aujourd’hui, pour se lancer en affaires, il ne faut souvent qu’une idée, un ordinateur et une connexion à Internet. Et c’est accessible à tout le monde, depuis Rivière-du-Loup jusqu’à Sherbrooke. Il faut seulement être capable de développer un bon produit et de le proposer aux bons acheteurs. C’est pour ça que les start-ups vivent un véritable boum. Nous sommes encore bien loin du dynamisme de New York ou de la Californie; nous ne voulons toutefois pas copier le modèle des autres. Nous souhaitons créer une communauté start-up qui ait une couleur bien montréalaise. Nous vivons dans une des villes les plus abordables en Amérique du Nord pour y monter une petite entreprise. Pourtant, nous manquons vraiment de financement. Aussi, une initiative comme la maison Notman cherche-t-elle à freiner l’exode vers les États-Unis ou Toronto.

Quels sont les modèles de start-ups québécoises?

Voici de bons exemples: le détaillant de vêtements pour hommes en ligne Frank and Oak; le site de commerce électronique Beyond the Rack; la plateforme de vente de billets d’autobus Busbud; l’outil de recherche sur les réseaux sociaux Wajam, etc. Pour plusieurs de ces entrepreneurs, ce serait plus facile d’aller travailler aux États-Unis, où les ressources sont plus nombreuses. Mais ils aiment Montréal et veulent développer l’entrepreneuriat local.

Dans la communauté start-up, on valorise l’échec. Pourquoi?

L’échec est un incontournable. Pour nous, ce n’est pas la fin du monde; c’est une expérience. Avec une start-up, il est normal de travailler quelques mois sur un produit, de le tester et de tout recommencer si ça ne fonctionne pas. Ici, les gens investissent leur temps et leur savoir-faire en sachant que c’est un travail à long terme. C’est un concept nouveau pour le Québec. Aujourd’hui, aux États-Unis, plusieurs investisseurs refusent de fournir de l’argent à des entreprises qui n’ont jamais connu d’échec. Une start-up a souvent des milliers d’usagers et aucun modèle d’affaires. Comme Facebook à ses débuts!

Y a-t-il un dialogue entre Québec inc. et Québec 2.0?

Ce sont deux mondes qui ne se comprennent pas. Bien sûr, il y a 30 ou 40 ans, des entrepreneurs ont bâti des fleurons québécois sans le concours de la technologie à laquelle nous avons accès aujourd’hui. Mais la mentalité a changé. Il faut maintenant incorporer les nouvelles technologies et la philosophie des start-ups québécoises aux grandes entreprises. Ce que l’on sait aujourd’hui va être différent dans trois mois. Il y a chez les start-ups une volonté de migrer vers des solutions plus flexibles. Québec inc. a beaucoup à appren­dre de leur façon de faire!

Des ressources pour des idées

À la maison Notman – la maison du Web à Montréal –, 23 jeunes entrepreneurs peuvent louer un bureau individuel pour 3 ou 6 mois. Ce faisant, ils bénéficient de services et de formations offerts gratuitement ou à tarif préférentiel par des firmes d’avocats, de comptabilité et de marketing. Les start-ups locataires ont aussi accès à des financiers et à des mentors. Ainsi, la firme de capital de risque Real Ventures, l’accélérateur FounderFuel, la Banque de développement du Canada, Microsoft et
Vidéotron ont des représentants sur place. On y accueille par ailleurs des événements de réseautage et des hackatons où des développeurs se rassemblent, pendant quelques jours, pour faire de la programmation informatique collaborative intensive. Si une activité est gratuite, éducative et qu’elle donne de la valeur à la communauté, l’espace est prêté sans frais. La maison met aussi à disponibilité des espaces de travail à frais partagés et des salles de rencontre.

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