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Société

Moins de femmes en sciences dans les sociétés plus égalitaires

20-02-2018

Alors qu’on multiplie les efforts pour tenter d’amener plus de filles à s’intéresser aux professions dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), une nouvelle étude publiée dans Psychological Science montre que c’est, paradoxalement, dans les sociétés les plus égalitaires qu’on retrouve le moins de femmes dans ces domaines.

La Finlande et la Norvège sont de véritables paradis de l’égalité entre les hommes et les femmes d’après le rapport sur l’écart entre les sexes du Forum économique mondial. Dans ces pays, les filles ont aussi un meilleur accès à l’éducation et sont encouragées à aller vers les secteurs scientifiques, en étant notamment exposées à des modèles de réussite au féminin. Or, on retrouve seulement 20% de femmes environ dans ces pays parmi les diplômés des programmes en STIM.

En revanche, en Algérie et en Tunisie, deux pays qui ont de grands défis en matière d’écart entre les sexes, les femmes graduées dans des programmes de STIM sont deux fois plus nombreuses, avec environ 40%.

Comment les auteurs expliquent-ils cette différence ? Évidemment, ce n’est pas une question de compétences… Selon eux, si les filles sont aussi bonnes, sinon meilleures que les garçons en STIM, elles sont généralement encore plus fortes en lecture et matières littéraires. Les garçons manifestent pour leur part souvent plus d’enthousiasme que les filles pour les sciences et obtiennent donc plus de diplômes en STIM.

De plus, les pays les plus égalitaires sont souvent aussi ceux qui tendent le plus vers le modèle d’État-providence. Les femmes sont donc moins à risque financièrement si elles suivent leurs plus grandes forces lorsque vient le temps de choisir leur carrière. Elles peuvent aussi abandonner un programme d’études en STIM sans trop d’impact financier si, finalement, l’intérêt n’est pas vraiment au rendez-vous. À l’opposé, dans les pays où le filet de sécurité sociale est moins présent, étudier en STIM représenterait un bon investissement afin d'assurer dans l'avenir des salaires élevés.

Où se situe le Québec par rapport à ces pays ? Du côté de ceux qui tendent le plus vers l’égalité des sexes. Au Québec, environ 20% des professionnels du domaine des technologies de l’information sont des femmes. À l’Ordre des ingénieurs du Québec, les femmes constituent 18% des nouvelles admissions.

Il faudra donc continuer à se creuser la tête pour tenter d’amener les filles à développer plus d’intérêt dans les sciences et à vraiment s’amuser en réalisant des activités technologiques si on souhaite rééquilibrer les milieux de travail en STIM. "À elles, la science", comme le rappelait Marie Lambert-Chan dans un édito.

 

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