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Technologie

Des bactéries mangeuses de déchets électroniques

07-02-2019

Photo: Pixabay

Des microorganismes pourraient nous aider à extraire les métaux précieux des déchets électroniques.

La quantité de déchets d’équipements électroniques et électriques (DEEE) augmente à une vitesse effarante à travers le monde. Selon le rapport du Forum économique mondial publié en janvier dernier, «chaque année, près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques et électriques sont produites, soit l’équivalent en poids de tous les avions commerciaux jamais construits ; seuls 20% sont formellement recyclés.» Nous vous en parlions récemment dans un reportage. 

Si aucune mesure durable n’est mise en place et si notre consommation continue à ce rythme, la quantité de DEEE, néfastes pour la santé et l’environnement, pourrait atteindre 120 millions de tonnes par an d’ici 2050, d’après ce rapport.

C’est pourquoi, dans leur laboratoire, des scientifiques s’affairent à trouver des solutions. Ils se penchent notamment sur la capacité de certaines bactéries à récupérer les métaux comme l’or, l’argent, le palladium, le cuivre et l’aluminium lors d’un procédé chimique, la lixiviation. En gros, ils plongent le matériel électronique et les bactéries dans un liquide et c’est là que la « magie » opère.

Dans un article publié dans AIP Conference Proceedings en 2017, des chercheurs singapouriens démontrent que la bactérie Chromobacterium violaceum peut extraire des nanoparticules d’or des déchets électroniques grâce à l’une de ses enzymes qui dégradent certains composés en les transformant en ions cyanure. Ces ions vont ensuite se lier aux atomes d’or présents dans les DEEE, qui pourront être récupérés dans une étape ultérieure.

Pour accélérer ce processus qui se produit lentement, l’équipe de l’Université nationale de Singapour a créé deux nouvelles souches capables de capter une plus grande quantité d’or. La souche la plus performante pouvait ainsi prélever jusqu’à 30% des particules d’or comparativement à 11,3% pour la souche «sauvage».

Ces taux sont bas par rapport à d’autres techniques qui extraient la totalité de l’or, par exemple en chauffant les composantes à très haute température, mais l’utilisation des bactéries est une alternative beaucoup plus propre et pourrait être perfectionnée.

D’autres bactéries, aux noms tout aussi exotiques comme Delftia acidovorans, Gluconobacter oxydans, Cupriavidus metallidurans, peuvent également donner un coup de main pour soustraire les métaux précieux qui sont emprisonnés dans les appareils technos.

Les chercheurs le soulignent d’ailleurs dans un article publié dans PNAS : les bactéries peuvent aider le recyclage des DEEE, mais ne remplacent pas les autres méthodes de récupération.

 

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