
Profession
Volcanologue
Fumerolles sulfureuses, laves incandescentes, éruptions explosives, roches en fusion... Être volcanologue, c'est hot!
Comme leur nom l'indique, les volcanologues sont des spécialistes des volcans. En examinant ces colosses impatients, ils tentent de percer leurs secrets et de comprendre les phénomènes qui se déroulent à l'intérieur de la Terre.
La volcanologie permettra peut-être un jour de prévoir les éruptions suffisamment tôt pour sauver la vie des gens qui résident près des volcans.
Informations complémentaires:
Entrevue | Journée type | Les études
Entrevue
Hélène Gaonac'h, volcanologue
Hélène Gaonac'h est volcanologue au laboratoire GEOTOP (Centre de recherche en géochimie et en géodynamique) de l'Université du Québec à Montréal depuis 1997. Son travail se partage entre son laboratoire de Montréal et ses nombreux voyages pour observer les volcans.
Malgré son horaire chargé, elle trouve aussi le temps d’écrire pour partager sa passion! Elle est l'auteure des aventures de Vicki Volka, que tu peux découvrir à cette adresse : http://www.vickivolka.uqam.ca/.
Quels sont les volcans que vous avez étudiés?
J'ai eu la chance d'aller sur plusieurs volcans. En Italie, j'ai vu le Stromboli et l'Etna en pleine période d'effusion de lave. Aux États-Unis, je suis allée souvent au mont St-Helen's, qui démontre des signes de réveil depuis plus d'un an. J'étais au mont Masaya, au Nicaragua, pendant une période de dégazage et à Hawaii, j'ai survolé en hélicoptère un lac de lave que j'ai filmé avec une caméra infrarouge thermique.
Les instruments du volcanologue semblent complexes...
En effet, on n'utilise plus seulement le marteau de géologue. En plus de la caméra infrarouge thermique, le GPS est très utilisé, de même que les détecteurs de mouvements qu'on installe sur les volcans et les sondes qu'on enfonce à grande profondeur pour mesurer la température. Les images envoyées par les satellites sont très utiles et on utilise beaucoup l'informatique en laboratoire pour créer des simulations numériques des phénomènes volcaniques.
Que permettent de savoir tous ces instruments?
Le métier de volcanologue se compare un peu à celui de médecin. Nos outils sont comme un stéthoscope avec lequel on recueille toutes les informations qu'on peut. Ensuite, on essaie de déduire ce qui se passe à l'intérieur du "patient".
Que préférez-vous de votre métier?
J'adore aller sur les volcans pour les étudier quand ils sont en activité. Je suis fascinée par la grande puissance des phénomènes volcaniques: assister à une éruption, c'est génial!
Quelles sont les qualités d'un bon volcanologue?
Il faut être curieux et persévérant, aimer l'aventure, être ouvert aux autres sciences que celle dans laquelle on est spécialisé. Il faut aussi être ouvert aux cultures des pays que l'on visite. Et bien sûr, il faut être tolérant à la chaleur!
Un moment intense de votre carrière?
Sur les flancs de l'Etna, en Italie, j'ai dû traverser une large coulée de lave en empruntant un pont de roche de seulement 50 cm de large. Il m'a fallu tout mon courage pour marcher à deux mètres au-dessus du liquide à 1200°C.
Journée typique
Une journée dans la vie d’Hélène
Arrivée à son bureau à 8h00, Hélène Gaonac’h commence par répondre aux nombreux courriels que lui envoient ses collègues et les enfants qui lui posent des questions sur son métier. Le reste de l’avant-midi est consacré à la révision des rapports de recherche qu’elle soumet aux grandes revues scientifiques. Le dîner se passe avec les autres membres de son laboratoire pour discuter des recherches à venir et des budgets à trouver.
L’après-midi, elle passe deux heures avec un des étudiants à la maîtrise qu’elle dirige pour voir le travail qu’il a accompli et le guider pour les prochains jours. Ensuite, elle file à l’Université McGill pour travailler avec d’autres volcanologues. Par vidéoconférence, elle discute avec des chercheurs des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la Colombie, du Mexique… De retour à l’UQAM à 16h30, elle travaille sur un modèle numérique de simulation des bulles de gaz dans un magma. Son modèle ressemble drôlement à la réalité, la journée finit bien!
Sur la route du retour à la maison, elle songe aux préparatifs de son prochain voyage pour étudier les volcans d’Hawaii…
Études et emplois
Sur les bancs d'école…
Cégep
DEC en sciences de la nature (2 ans)
Université
Baccalauréat en science (plusieurs domaine mène à la volcanologie : géologie, chimie, physique, biologie, etc.) (3 ans)
C'est ensuite en faisant une maîtrise (2-3 ans) et un doctorat (3-5 ans) qu'on se spécialise en volcanologie.
Hélène Gaonac'h a fait une licence (équivalent français du baccalauréat) en géologie à l'Université de Paris VII, une maîtrise en géologie à l’université de Montréal et un doctorat en volcanologie physique à l'Université de Montréal.
Et après ?
On devient chercheur dans une université ou au gouvernement. On peut aussi travailler dans un observatoire pour "surveiller" un volcan actif.
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