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Professions

Chirurgien ophtalmologiste

12-10-2018
Ophtalmologiste

Photo: monkeybusiness

Tu rêves de manier le laser comme les héros de science-fiction ? Pourquoi ne pas en faire un métier ? Le chirurgien ophtalmologiste utilise des instruments à la haute pointe de la technologie pour corriger la vision de ses patients. Ça vaut le coup d’œil !

L’ophtalmologiste est un médecin spécialiste de l’œil. En clinique privée ou à l’hôpital, il diagnostique et traite les problèmes oculaires par des exercices, des médicaments ou des chirurgies. Il traite aussi bien des maladies que des troubles de la vue ! Myopes, presbytes, hypermétropes, astigmates… pour ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, l’ophtalmologiste est la personne qui saura lever le brouillard. De quoi en mettre plein la vue !

Entrevue

Pierre Demers, chirurgien ophtalmologiste

Pierre est à la fois chirurgien ophtalmologiste, directeur médical et copropriétaire chez Lasik MD, la plus grosse entreprise de correction de la vue au Canada. Sa spécialité, c’est la cornée ! Cette couche transparente située devant l’iris est la première structure que la lumière traverse lorsqu’elle entre dans ton œil. Dans les cliniques de Montréal, Brossard, Laval et Pointe-Claire, Pierre rectifie la vision de ses patients en refaçonnant leur cornée grâce à la chirurgie laser. Finies les lunettes !

En quoi consiste le travail de chirurgien ophtalmologiste ?

On peut classer les chirurgies de l’œil en 2 catégories : réfractive ou thérapeutique.

La chirurgie réfractive consiste à corriger une erreur de réfraction de la lumière qui occasionne des problèmes de vision. Contrairement à une chirurgie thérapeutique (une greffe de cornée par exemple), la chirurgie réfractive est considérée comme une chirurgie cosmétique. La correction de la vue au laser doit donc être effectuée dans une clinique privée et non à l’hôpital.

Quelles sont les principales étapes du processus de correction de la vue au laser ?

Je commence par une évaluation complète du patient. Je vérifie son historique médical, s’il a une maladie ou s’il a déjà été opéré. Ensuite, on passe à l’examen oculaire, qui permet de prendre des mesures très importantes comme l’état de santé de la cornée, sa forme, sa fragilité, etc.

Avant d’obtenir la signature de consentement opératoire, j’explique au client le déroulement de la procédure et ses effets secondaires. La chirurgie laser est la chirurgie la plus sécuritaire au monde, mais il est tout de même important d’éduquer le patient. Ainsi, il sait qu’il peut revenir nous voir en cas de besoin !

Cette première rencontre dure une heure ou deux. Une fois la candidature approuvée, je planifie le traitement en fonction de la nature du problème et des attentes de la personne. Les données des tests diagnostiques sont analysées dans un logiciel. L’ordinateur effectue les calculs presque instantanément ! Les résultats serviront à programmer le laser pour l’opération.

Le jour de l’opération, le client rejoint le chirurgien, les assistants et les techniciens. On revoit avec lui toutes les informations. Il y a une bonne part de psychologie à mettre en œuvre pour que le patient soit à l’aise !

L’opération en elle-même est très rapide : entre 5 et 10 minutes au total. La personne se couche sur le lit et fixe le point lumineux pendant que le laser fonctionne. C’est un travail qui se fait à deux, car si le patient ne suit pas les instructions, on ne peut pas opérer !

Qui peut se faire opérer au laser ?

Environ 9 patients sur 10 sont aptes à se faire opérer. Sans pour autant être malade, la cornée peut parfois être trop sèche ou trop mince pour la chirurgie. Dans ces cas, on préfère ne pas prendre le risque de faire resurgir des problèmes.

L’âge minimal de consentement opératoire est de 18 ans, mais il est possible de traiter des personnes mineures à condition d’avoir l’approbation parentale. Par exemple, on reçoit des jeunes qui veulent apprendre un métier comme celui de policier où il n’est pas possible de porter des lunettes.

Combien de chirurgie peux-tu effectuer par jour ?

Je traite normalement entre 12 et 15 patients par jour, mais ce chiffre peut monter jusqu’à 25 !

Qu’est-ce qui t’a d’abord intéressé à ce domaine ?

Il faut dire que j’ai eu des bons modèles, puisque mes deux parents étaient ophtalmologistes !

J’aimais l’idée de marier les sciences appliquées au bien-être des humains, et en suivant les cours, j’ai eu la confirmation que ce domaine me convenait. Maintenant, j’adore ce que je fais !

Quelles sont les qualités qui te servent le plus ?

Dans le domaine de la santé, l’empathie est très importante. Il ne s’agit pas simplement de poser un diagnostic ou d’administrer un traitement. La situation peut être difficile pour le patient : il faut l’écouter, le rassurer et cheminer avec lui.

J’ai aussi une certaine soif d’apprendre, de repousser mes limites. La formation continue est d’ailleurs obligatoire pour conserver sa licence de médecin.

Finalement, il faut avoir le souci du détail sans que ça devienne maladif ! Le patient nous fait confiance. Il faut s’assurer de le traiter au mieux de nos connaissances et de nos capacités.

Les yeux sont des organes précieux. Est-il stressant d’y faire des opérations aussi délicates ?

Apprivoiser le stress est un travail de longue haleine qui commence pendant les études. Jusqu’à ce qu’on soit prêt, on est chapeauté par des mentors. J’ai commencé à opérer par moi-même après 14 ans de formation !

La première fois qu’on travaille sur un œil, ce n’est pas un œil humain, mais un œil de cochon ! Les gestes techniques sont pratiqués et peaufinés à travers la formation jusqu’à ce qu’on soit en mesure d’accomplir des tâches plus complexes.

Y a-t-il des aspects de ton travail que tu aimes moins ?

Il arrive parfois que les attentes d’un client soient irréalistes. Il faut alors raisonner avec lui, et la situation peut devenir stressante. Heureusement, les clients insatisfaits sont excessivement rares !

Quel outil utilises-tu le plus ?

Mis à part le laser, l’outil que j’utilise le plus est le microscope. Comme l’œil est tout petit, le microscope me permet de mieux voir ce que je fais. Il sert lors du diagnostic, de l’opération et du suivi postopératoire.

As-tu une anecdote surprenante à partager ?

Il y a de grands myopes qui portent des lunettes depuis toujours et qui ne peuvent tout simplement pas fonctionner sans elles. Après l’opération, il n’est pas rare que ces gens soient émus aux larmes, bouche bée… ou surpris de voir à quoi ressemble vraiment leur conjoint !

Journée type

Une journée dans la vie de Pierre

À son arrivée à la clinique le matin, Pierre prépare le laser avec le technicien. Une fois les instruments prêts, il reçoit les patients un à un. Avant chaque intervention, Pierre prend bien soin de discuter de la procédure avec ses clients. Entre deux chirurgies, il peut recevoir des visites de suivi postopératoire ou encore de nouveaux clients. Dépendamment du nombre d’opérations prévues à l’horaire, les journées de Pierre peuvent durer de 3 à 8 heures.

Études

Sur les bancs d’école…

Pierre a entamé ses études à l’Université McGill avec un baccalauréat en biologie qui, trois ans plus tard, lui a servi de tremplin vers le programme de médecine du même établissement. Après les 4 ans d’étude nécessaires à l’obtention du doctorat, Pierre a effectué 5 ans de résidence pour se spécialiser en ophtalmologie, suivi de 2 ans à l’étranger pour une surspécialisation en chirurgie de la cornée.

À l’université :

Le programme de médecine est offert dans les quatre universités suivantes :
Université de Montréal
Université de Sherbrooke
Université Laval
Université McGill

N.B. : Au Québec, pour pratiquer en tant que médecin, tu dois obligatoirement devenir membre du Collège des médecins du Québec.

Et après…

L’ophtalmologie est un domaine d’étude contingenté : il est difficile d’être accepté dans le programme, mais une fois cette étape franchie, les débouchés ne manquent pas. Dans le secteur privé comme public, on trouve toujours quelque chose… même si ce n’est pas nécessairement à l’endroit où on aurait voulu !

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