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Marchons pour la science!

Par Carine Monat - 13/04/2018
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Photo: Wikicommons, March for Science

Samedi 14 avril 2018, des marcheurs et des marcheuses du monde entier vont battre le pavé en même temps, à la défense des sciences et de ses liens avec la société.

La Marche pour la science a été initiée aux États-Unis l’an dernier, suite au changement de gouvernement, aux coupes dans les budgets publics et aux propos inquiétants tenus par Donald Trump contre les faits scientifiques. Environ 70% des marcheurs manifestaient pour la première fois.

Le mouvement a pris de l’ampleur et plus de 500 marches ont eu lieu partout dans le monde. À Montréal, plus de 1000 personnes s’étaient déplacées en 2017. Demain, samedi 14 avril, le rendez-vous est donné à 11h30 Place Émilie-Gamelin. « Nous marchons pour célébrer les sciences, montrer leur rôle fondamental dans notre société et la démocratie. Et pour s’assurer que les sciences soient correctement financées par les gouvernements, communiquées au public et ouvertes à tous », expliquent Katie Gibbs et Vincent Scully, organisateurs des marches à Montréal et Ottawa cette année.

Même si les enjeux au Canada ne sont pas les mêmes qu’aux États-Unis, « à terme, on ne pourra pas rattraper tout le financement que le Canada a perdu ces dernières années. C’est ce que montre le rapport du Conseil des académies Canadiennes sur l’état de la recherche et développement au Canada, publié le 10 avril dernier », rappelle Maryse Lassonde, directrice scientifique des Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies (FRQNT), qui fera partie des intervenantes lors de la manifestation de Montréal demain.

Frédéric Bouchard, doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, pour qui la marche de l’an dernier avait été inspirante, pense qu’ « on prend trop les résultats de la recherche pour acquis dans nos vies quotidiennes. On est très reconnaissant d’avoir des antibiotiques, par exemple. Mais on oublie qu’on a besoin de chercheurs pour rendre ça possible. »

« On vit une drôle d’époque où la crédibilité des faits prend un coup dur. Je pense que c’est important de marcher pour dire que la science n’est pas une opinion, que c’est quelque chose de fiable et qu’il faut encourager », explique de son côté Luc-Alain Giraldeau, directeur général de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Édition 2018

Le journal Nature fait un tour d’horizon sur les attentes de cette deuxième édition. Plus de 250 villes à travers le monde organisent des événements et le taux de participation attendu est, malgré tout, proche de celui de 2017. Les revendications sont différentes selon les pays, mais tous les protagonistes s’entendent pour demander d’augmenter les financements publics de la recherche, pour dénoncer la précarité des chercheurs en début de carrière dans un système de plus en plus compétitif ou encore pour lutter contre les pseudosciences.

Frédéric Bouchard insiste d’ailleurs sur « l’importance de tisser des liens au quotidien et à long terme entre la science et la société. La marche est importante, elle est un outil parmi d’autres. »

La ministre des sciences, Kirsty Duncan, contactée par Québec Science, atteste que son « gouvernement continuera à défendre fortement les sciences et les décisions fondées sur des données probantes. » Elle rappelle que le gouvernement a, entre autres, « démuselé les scientifiques, et rétabli le poste de Conseiller scientifique en chef du Canada, » Mona Nemer, qui nous a accordé une entrevue dernièrement.

Cette dernière pense que « c’est une bonne chose qu’il y ait une prise de conscience globale de l’importance de la science dans notre vie. C’est dans l’intérêt du public en général d’exiger que les décisions gouvernementales, qui vont avoir un impact sur tout le monde, se prennent sur une base la plus rigoureuse et objective possible. »


 

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