Tu t’es cassé une dent et tu as besoin d’une couronne pour la remplacer ? Vite, un technicien ou une technicienne dentaire et de la porcelaine à la rescousse ! Du dentier de ta grand-mère à l’implant dentaire de ton père, les technicien et techniciennes dentaires sont des joailliers du sourire.
Ces spécialistes font une différence dans le sourire de bien des gens, et pourtant, leur métier est peu connu, car les patients ne les rencontrent jamais. Comme ils et elles n’ont pas le droit de les traiter directement, ce sont les dentistes ou les denturologistes qui effectuent les essayages.
Les techniciens et techniciennes dentaires sont des personnes très minutieuses, qui aiment la précision. Ils et elles doivent faire preuve d’une grande dextérité manuelle, puisqu’ils et elles sont appelé-e-s à fabriquer de petits objets qui doivent s’intégrer soit à une prothèse, soit directement à la bouche des patients.
Ils et elles doivent aussi avoir une âme d’artiste, pour arriver à un résultat à la fois joli et confortable en bouche. Heureusement, l’informatique vient leur prêter main forte. On conçoit maintenant des prothèses de façon virtuelle avant de les matérialiser grâce à des machines sophistiquées.
Simon Leclerc, technicien dentaire
Simon codirige un laboratoire dentaire depuis 1987, à Laval. Seize personnes y travaillent. Des prothèses et des couronnes, l’équipe en a fabriqué des milliers.
Article paru dans Québec Science en lien avec la profession de technicien ou de technicienne dentaire :
Zoom sur les implants dentaires dernier cri 13 mars 2024
Entrevue
Entrevue avec Simon
Qu’est-ce qui t’a poussé à exercer ce métier ?
C’est un métier qui permet de créer à partir de peu de choses. Des vis, une meule, des outils et quelques matériaux : avec un bout de métal, je peux construire les piliers de soutien d’une couronne; j’utilise de la porcelaine pour la couronne elle-même; de l’acrylique pour fabriquer des dents; de l’or pour les blocs métalliques coulés qui servent à reconstituer la forme d’une dent… Évidemment, l’informatique et la robotique sont des outils incontournables. Mais à la base, c’est très stimulant de penser qu’il y aura quelqu’un qui utilisera le résultat de notre travail pour manger !
Avec les années, as-tu développé une fixation sur les dents ?
Au début, il faut avouer que la curiosité et aussi le désir de voir les différences d’une bouche à l’autre font en sorte que les dents deviennent un peu une obsession, mais cela s’atténue avec le temps.
Combien de temps cela prend-il pour fabriquer un dentier?
Environ 6 heures suffisent à fabriquer un dentier (que nous appelons prothèse complète amovible) en laboratoire, sauf si il est peu conventionnel. Si le menton du patient est plus avancé que la normale, par exemple, et que sa bouche ferme moins bien, il arrive que le temps nécessaire soit plus long.
Y a-t-il des problèmes de dents impossibles à réparer en laboratoire ?
Certainement. Il y a des gens qui attendent trop longtemps avant de consulter leur dentiste ou leur denturologiste. Par exemple, si quelqu’un porte une prothèse depuis 20 ou 30 ans, les tissus des gencives s’affaissent et il devient très difficile d’en reconstruire une nouvelle, parce qu’elle ne peut tout simplement plus tenir en place.
Certaines maladies des gencives ou des dents trop abîmées peuvent aussi compliquer le traitement. Mais il y a plusieurs possibilités de nos jours et on réussit souvent à trouver une solution, comme la chirurgie.
Raconte-nous une anecdote amusante.
Un jour, un chauffeur de taxi qui venait prendre possession d’une prothèse pour un dentiste a été terrifié d’entrer dans le laboratoire. Il a fallu la lui apporter dehors, emballée dans une boîte et dans un sac, pour qu’il accepte de la prendre ! Il était convaincu que nos prothèses étaient fabriquées avec des dents de morts !
Une expérience traumatisante ?
Réparer une prothèse vieille de 40 ans et mal entretenue, voilà qui peut parfois être traumatisant ! Cœurs sensibles, s’abstenir…
Journée type
Une journée dans la vie de Simon
Simon arrive à son laboratoire à 8h. Il commence par dresser la liste du matériel qui doit être livré à ses clients dentistes avant la fin de la journée. Il rencontre ensuite ses collègues de travail afin de déterminer l’échéancier du jour et de discuter des cas problèmes, c’est-à-dire les prothèses ou autres pièces en construction qui posent des difficultés techniques. Ils essaient de trouver ensemble des solutions, car le métier s’exerce en équipe et les forces et les spécialités de chacun sont mises à contribution.
Vers 10h, il rencontre son associée, Marie-Lyne, afin de prendre certaines décisions administratives pour le laboratoire et échanger quelques conseils techniques sur les prothèses en cours de fabrication. Chacun s’en va par la suite accomplir ses tâches. C’est alors que Simon sort ses outils pour commencer ou poursuivre la construction de ses prothèses, couronnes, ponts, etc.
Après le dîner, Simon fait ses retours d’appels, vérifie l’état du travail accompli à cette heure selon l’échéancier fixé en matinée, et se penche ensuite sur les prothèses à construire qui sortent de l’ordinaire. Il avise alors les dentistes des changements qu’il devra apporter à leur ordonnance, si nécessaire. C’est vers 16h30 qu’il quitte le boulot, satisfait du travail accompli, après une journée bien remplie !
Études
Le parcours académique de Simon
Simon a fait ses études au Collège Édouard-Montpetit, à Longueuil, le seul cégep qui propose cette formation au Québec.
Au cégep:
DEC en technique dentaire (3 ans)
Note : lors de l’entrée au cégep, il faut acheter ses propres instruments de travail, qui serviront durant toutes les études et lors de l’entrée sur le marché du travail.
Et après?
Pour porter le titre de technicien dentaire et diriger éventuellement son propre laboratoire, il faut devenir membre de l’Ordre des techniciennes et techniciens dentaires du Québec (OTTDQ). Cela permet de poursuivre sa spécialisation grâce à des séances de formation continue organisées par l’OTTDQ, histoire de se garder à la fine pointe de la technologie et des nouveaux matériaux disponibles sur le marché.
Le technicien dentaire exerce son art dans des laboratoires dentaires commerciaux, des hôpitaux, des cliniques dentaires ou d’orthodontie, des facultés dentaires d’université, au sein d’organismes gouvernementaux ou encore pour des compagnies dentaires manufacturières.