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En vieillissant, certaines émotions deviennent plus difficiles à percevoir, montre une étude québécoise.
Avec l’âge, notre oreille émotionnelle se brouille : certaines émotions dans la voix de l’autre deviennent plus difficiles à reconnaître, même chez des adultes en santé. Un déclin subtil, mais réel, selon une équipe de l’Université Laval.
L’étude a été entreprise par Laura Monetta, orthophoniste et professeure à l’École des sciences de la réadaptation , à partir de son expérience clinique auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Celles-ci rapportent souvent des difficultés à saisir les émotions dans la voix des autres. « On s’est demandé si, même sans pathologie, il existait un déclin avec l’âge, et si cette baisse de perception concernait toutes les émotions de la même manière », explique-t-elle.
Les résultats de l’étude, publiée en août dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research , montrent que la sensibilité aux émotions peut varier selon leur nature. Les adultes de 63 ans et plus reconnaissent moins bien la tristesse et l’émerveillement, des émotions caractérisées par des modulations fines et une faible activation physiologique. À l’inverse, la joie ou la colère, plus intenses et marquées dans la voix, sont bien perçues. En moyenne, les personnes âgées ont correctement reconnu les émotions dans 79 % des cas, contre 90 % pour les jeunes adultes.