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Environnement

Hausse marquée du plastique utilisé depuis la pandémie

02-10-2020

Image: Jasmin Sessler de Pixabay

Gants, masques, barquettes et sacs jetables: depuis le début de la pandémie, on utilise beaucoup plus de plastique.

Les chiffres sont affolants. Depuis les débuts de la pandémie, on estime qu’à travers le monde, on utiliserait 129 milliards de masques et 65 milliards de gants de plastique… par mois! C’est du moins l’estimation des chercheurs, qui ont examiné la consommation de ces deux équipements de protection pour l’Italie et ont extrapolé les données pour les autres États. Leur rapport est paru dans Environmental Science & Technology.

Le Canada n’échappe pas à la tendance. Une hausse de 191 % des importations de matériel de protection individuelle (qui comprend entre autres masque et gant) a été notée en juin 2020 comparativement au même mois l’an passé, selon les données de Statistique Canada.

Les travailleurs de la santé, qui sont la première ligne de combat contre le nouveau coronavirus, doivent utiliser masques et gants pour leur sécurité, ainsi que celle de leurs patients. Le grand public les emploie également, mais n’en dispose pas toujours de façon adéquate. «L’an passé, on ne trouvait pas, ou très rarement, des masques et des gants dans l’environnement, mais aujourd’hui, on les trouve partout», remarque Tony Walker, professeur à l’université Dalhousie et co-auteur du rapport. Il souligne qu’heureusement, plusieurs personnes se sont tournées vers le masque réutilisable.

Le 19 septembre dernier, lors de la Journée mondiale du nettoyage, Lyne Morissette, co-fondatrice et chef scientifique de la Mission 100 Tonnes, a constaté le même phénomène. Elle et son équipe ont ramassé des masques dans tous les lieux visités. «Ils partent au vent et atterrissent parfois dans un ruisseau. Ils peuvent ensuite aboutir au fleuve Saint-Laurent et jusque dans l’océan Atlantique.» Elle indique d’ailleurs que les déchets retrouvés dans l’océan sont en grande majorité d’origine terrestre.

Un fléau pour emporter

«Même si les masques et les gants sont un gros problème, il reste que c’est peu comparativement aux autres plastiques à usage unique, que ce soit avec les sacs de plastique ou les emballages pour les aliments», explique Tony Walker.

Les habitudes des consommateurs ont effectivement changé pendant l’isolement. Le chercheur donne en exemple la hausse significative d‘achat de repas pour emporter. Ces derniers sont trop souvent suremballés.

Et traîner ses sacs et ses contenants dans les commerces n’est plus aussi bien vu, voire accepté, depuis mars dernier.

Il y avait pourtant eu des efforts pour réduire la consommation de plastique ici et ailleurs, ces dernières années. «Je pense que la pandémie nous a fait faire un grand pas en arrière à l’échelle planétaire. Nous avons besoin d’alternatives durables», souligne le chercheur de l’université Dalhousie. Plusieurs pays avaient, ou avaient l’intention, de mettre en place des mesures afin de réduire l’usage du plastique unique – pensons à l’interdiction des sacs de plastiques dans les commerces – mais l’arrivée de la pandémie a freiné cet élan.

La situation inquiète également Lyne Morissette. «On ne peut pas juste espérer retirer le plastique de l’environnement – ça prendrait 100 fois plus d’opérations de nettoyage! – il faut réduire à la source. »

Le Canada « utilise 4,6 millions de tonnes métriques de plastique chaque année », selon un rapport publié récemment par Oceana Canada. Le bilan devrait passer à plus de 6 millions de tonnes d’ici 2030.

À lire aussi:

Consultez notre dossier sur le plastique: que fait-on maintenant?

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