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Espace

Comment atterrir sur une comète?

11-08-2014

Après 10 ans de voyage, la sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne a rejoint, le 6 août 2014, la comète 67P/Tchouriumov-Guerassimenko (lire notre reportage ici).

D’ici au mois d’octobre, elle va s’approcher encore du noyau cométaire, en effectuant de délicates manoeuvres. Le but: être suffisamment proche pour pouvoir larguer un atterrisseur, appelé Philaé, qui ira se cramponner à la surface de la comète pour y effectuer diverses analyses scientifiques.

À propos de Philaé:

Le module possède 10 instruments scientifiques. Une fois posé, il devrait, entre autres choses, forer le sol jusqu’à 23 cm et analyser la composition de la matière organique. Noirs comme du charbon, les noyaux cométaires sont les objets du Système solaire qui contiennent le plus de carbone.

L’atterrisseur devra aussi filmer le paysage de surface à 360° et étudier la structure interne du noyau avec un radar.

Comment va-t-il atterrir?

Les équipes de l’ESA devraient identifier fin août 5 sites d’atterrissage potentiels pour Philaé.

Tombant pendant 2 à 10 heures selon l’altitude de largage, Philaé suivra une trajectoire balistique (sans propulsion). À quelques mètres du sol cométaire, deux harpons seront lancés pour ancrer le module puisque, la gravité étant très faible, l’engin qui pèse 100 kg sur Terre aura là-bas un poids équivalent à quelques grammes seulement. « L’atterrissage est un moment assez incertain à cause du dégazage et de notre mauvaise connaissance de la distribution de la masse à l’intérieur de la comète. Mais depuis 10 ans, on a fait des études en tenant compte de toutes les hypothèses, en variant tous les paramètres ; en théorie, les logiciels devraient pouvoir s’adapter à tous les scénarios, se rassure Philippe Gaudon, physicien au CNES. Philaé peut atterrir sur une pente de 30°, mais on va viser une zone plate. On veut à tout prix éviter un rebond ou un renversement. »

S’il parvient à s’arrimer, l’atterrisseur disposera d’une cinquantaine d’heures pour effectuer les opérations les plus gourmandes en énergie, comme le sondage radar du noyau, que seule la pile peut alimenter. Ensuite, les batteries solaires prendront le relais, jusqu’à ce que Philaé meure, brûlé par le Soleil, environ quatre mois après son atterrissage.

Photo: la comète 67P photographiée par Rosetta le 8 août. Crédit: ESA

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