Publicité
Espace

Les Émirats arabes unis en route vers Mars

13-07-2020

Image: Agence spatiale des Émirats arabes unis

La sonde émirienne Hope décollera bientôt pour rejoindre la planète rouge. Une première!

Grosse comme une voiture, la sonde Hope s’apprête à faire le road trip de sa vie : 60 millions de kilomètres pour atteindre l’orbite de la planète Mars. Malgré la crise de la COVID-19, le bolide d’aluminium est parvenu à se rendre ce printemps de Dubaï au Centre spatial de Tanegashima, au Japon, en vue de sa préparation pour le décollage du 15 juillet au petit matin (donc en fin d’après-midi le 14 juillet, heure du Québec – Mise à jour: le décollage a eu lieu le 19 juillet et a été retardé pour cause de mauvaises conditions météorologiques).

Ce n’est qu’un début pour l’Agence spatiale des Émirats arabes unis, fondée en 2014 : elle veut établir une colonie sur Mars en 2117 ! « Traditionnellement, le pays misait sur ses puits de pétrole, mais sa stratégie est maintenant de se diversifier, raconte Dimitra Atri, chercheur au Center for Space Science de la New York University Abu Dhabi. La science et les technologies sont une partie de ce renouveau, tout comme l’exploration spatiale, dans laquelle le gouvernement investit beaucoup. » En septembre 2019, un premier astronaute émirien a d’ailleurs rejoint la Station spatiale internationale, et d’autres sont en recrutement.

Dimitra Atri travaille d’arrache-pied avec l’Agence spatiale et un réseau de chercheurs pour qu’ils soient prêts lorsque Hope arrivera à destination, vers février 2021, et que les données commenceront à être acheminées vers la Terre.

La sonde scrutera l’atmosphère de Mars pour au moins deux ans. Car on espère obtenir une réponse à l’une des grandes questions relatives à la planète rouge : pourquoi son atmosphère est-elle 100 fois plus mince que celle de la Terre ? Tout indique que, à une certaine époque, la planète possédait une atmosphère suffisamment épaisse pour retenir la chaleur du Soleil et permettre à de l’eau de ruisseler sur ses sols.

« On pense que la principale raison de cette perte, c’est l’activité solaire, mentionne M. Atri, qui modélise le phénomène. Grâce à Hope, si une éruption ou une éjection de masse coronale du Soleil survient, on pourra observer ses effets sur Mars et mesurer quelle quantité de gaz s’échappe de l’atmosphère. Si l’on comprend bien ce phénomène physique, on pourra ensuite faire des calculs pour le futur. » Des prévisions particulièrement utiles quand on compte un jour y avoir un pied-à-terre…

La sonde fera des observations dans les domaines visible, infrarouge et ultraviolet pour ne rien manquer, et cela s’ajoutera au travail de la sonde MAVEN de la NASA, en orbite depuis cinq ans autour de la planète. Les relations entre les différentes couches de l’atmosphère seront étudiées, tout comme leur évolution au fil d’une journée et des saisons. La météo est également dans la mire de cette mission.

Mars ne dérougira pas cette année : des astromobiles seront envoyés par la Chine (Tianwen 1) et la NASA (Perseverance). « Il y aura d’importantes découvertes dans les 10 prochaines années, assure Dimitra Atri. C’est très excitant ! »

Publicité

À lire aussi

Espace

Comment photographier un trou noir

Le premier portrait d’un trou noir est sur le point d’être publié. Au-delà de l’exploit technique, ce cliché devrait aider les scientifiques à comprendre ces objets cosmiques qui défient les lois de la physique.
Marine Corniou 14-02-2019
Espace

Ondes gravitationnelles: coup de fouet pour l’astronomie

La détection des ondes gravitationnelles, en 2015, a secoué le monde de l’astronomie. Depuis, les découvertes pleuvent : en plus d’observer certains phénomènes au télescope, les chercheurs peuvent maintenant déceler leurs vibrations.
Marine Corniou 04-09-2019
Espace

L’Ouest américain…sur Mars

Les nouvelles photos prises par Curiosity "rivalisent avec les Parcs Nationaux américains", selon la NASA.
Québec Science 13-09-2016