Publicité
Espace

TESS : un nouveau chasseur d’exoplanètes à l’assaut du ciel

12-04-2018

200 000 : c’est le nombre approximatif d’étoiles que scrutera le satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite), au cours des deux prochaines années. Son but : déceler les petites baisses de luminosité causées par le passage d’une planète lointaine devant son étoile.

Ce satellite de la NASA, qui doit être lancé mercredi 18 avril (après un premier report le 16 avril) par une Falcon9 de SpaceX, pourrait augmenter de 400% la taille du catalogue d’exoplanètes connues! À l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx), qui tenait la semaine dernière sa rencontre annuelle à Montréal, l’excitation était palpable. « TESS va faire une cartographie de presque tout le ciel, dans le but de trouver des planètes proches de nous, c’est-à-dire à 30 ou 40 années-lumière », expliquait René Doyon, professeur à l’Université de Montréal et directeur de l’iREx, un institut consacré à ces mondes lointains, créé en 2014.

Suivez en direct le lancement: mercredi 18 avril, 18 h 51

Si le satellite spatial Kepler, lancé en 2009 par la NASA et utilisant lui aussi la méthode des transits, a déjà permis à lui seul de découvrir plus de 2600 planètes orbitant autour d’autres étoiles que le Soleil, la plupart d’entre elles sont très lointaines. « Ce qui rend leur étude approfondie difficile », notait René Doyon à l’iREx. Et ce qui limite aussi la détection de planètes jumelles de la Terre, petites et proches de leur étoile.

TESS, lui, devrait justement repérer des milliers de petites planètes 30 à 100 fois plus brillantes que celles détectées par Kepler. « TESS devrait trouver des planètes géantes, mais aussi des Terres ou des super-Terres, disponibles ensuite pour une caractérisation atmosphérique », explique le professeur Björn Benneke, spécialiste de l’atmosphère des exoplanètes à l’Université de Montréal.

Relativement proches de nous, ces planètes seront effectivement plus accessibles pour l’imagerie directe et la spectroscopie, une technique qui permet, entre autres, de déterminer la présence de certaines molécules, comme l’eau ou le méthane, dans l’atmosphère des exoplanètes. « TESS va surtout cibler les petites étoiles, des naines rouges, qui sont les plus abondantes à proximité du Système Solaire, et autour desquelles il est beaucoup plus facile de voir les planètes », ajoute René Doyon. Il s’agira notamment de cibles idéales pour le télescope spatial James-Webb (et son spectrographe NIRISS), qui sera lancé en 2020.

Si TESS pourra déterminer le rayon des planètes en transit devant leur étoile, il ne pourra pas deviner leur masse (et donc leur densité, permettant de discriminer les boules de gaz de celles de roche). Pour ce faire, il faudra utiliser la technique de vélocimétrie, qui permet de « mesurer » l’influence gravitationnelle d’une planète sur son étoile. En clair, plus une planète est massive, plus elle va faire chanceler son étoile en passant à côté. «Il y a énormément d’instruments en développement actuellement pour faire cela, dont deux à l’iREx: SPIRou qui vient d’être installé au télescope Canada-France-Hawaii et NIRPS, qui entrera en fonction au Chili en 2019 », précise René Doyon.

Si on ajoute à cela les télescopes géants actuellement en construction, les astronomes auront bientôt sous la main un arsenal inédit pour rechercher la vie extraterrestre. « Je suis convacincu qu’il y a de la vie ailleurs. La preuve, on l’aura dans quelques décennies », affirmait René Doyon lors du bilan annuel de l’iREx.

Lire aussi: Comment détecte-t-on les exoplanètes?

Crédit images: NASA

Publicité

À lire aussi

Espace

Cassini : le dernier plongeon

La mission Cassini touche à sa fin; elle aura permis de recueillir des données précieuses sur Saturne et ses lunes jusqu’à la dernière seconde.
Marine Corniou 29-06-2017
Espace

La plus grosse collision de trous noirs jamais détectée intrigue les scientifiques

Les observatoires d’ondes gravitationnelles LIGO et Virgo ont repéré la plus grosse collision de trous noirs jamais observée. Le trou noir en résultant possède une masse de 142 fois celle de notre Soleil.
Annie Labrecque 02-09-2020
Espace

Farout, une planète naine découverte aux confins du Système solaire

C’est l’objet le plus lointain jamais découvert dans notre Système solaire. Son surnom? « Farout », pour loin là-bas, son appellation...
Marine Corniou 21-12-2018