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Santé

La COVID-19 circulait-elle au Québec en janvier ?

Image: Shawn Dearn/Unsplash

Q : «Se peut-il que j’aie eu le coronavirus une semaine avant qu’on commence à voir la possibilité de contamination au Québec et que les médecins soignants, n’étant pas à l’affût à ce moment-là, m’ont soigné comme si j’avais une simple inflammation pulmonaire, bronchite et grippe ?», demande Jean-Pierre Arcand, de Sherbrooke.

R: Il s’agit-là d’une question qui nous a été envoyée plusieurs fois, certaines personnes se demandant même si des symptômes (toux sèche, fièvre, etc.) qu’elles ont eus en décembre dernier ne pourraient pas avoir été causés par ce fameux coronavirus.

Le premier cas officiellement détecté au Québec remonte au 27 février, et il serait bien étonnant que la COVID-19 ait commencé à circuler chez nous bien avant cela, répond la Dre Judith Fafard, médecin-conseil et microbiologiste-infectiologue au Laboratoire de santé publique du Québec. «On n’est jamais à l’abri d’un cas anecdotique qui nous aurait filé entre les doigts, mais de notre côté, on teste depuis la mi-janvier et les hôpitaux font aussi des tests pour les pneumonies atypiques. Et malgré cela, nous n’avons trouvé aucun cas avant le 27 février», dit-elle.

Un autre signe convaincant que ce virus n’était pas présent au Québec jusqu’à grosso modo la fin février est l’évolution du nombre de cas après la découverte du premier. Dans les pays où l’on soupçonne la COVID-19 d’avoir circulé pendant des semaines avant d’être détectée, les tests positifs se sont très rapidement multipliés après la découverte du premier cas «officiel». En Italie, par exemple, le premier test positif est survenu le 20 février, mais pas moins de 35 autres cas ont été découverts dans les 24 heures suivantes, ce qui suggérait fortement une propagation déjà large, lisait-on récemment dans le Journal of the American Medical Association. Des analyses génétiques rendues publiques par la suite indiquent que le virus aurait été présent dans le nord de l’Italie pendant environ un mois avant d’être décelé.

Au Québec, cependant, le nombre de cas confirmés n’a pas connu ce genre de progression. Après celui du 27 février, il a fallu attendre jusqu’au 5 mars avant la découverte d’une seconde personne infectée, puis jusqu’au 9 mars pour avoir les 3e et 4e cas. C’est entièrement cohérent avec l’idée que le coronavirus ne circulait pas ici avant la fin du mois de février.

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec.

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