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Santé

Le dépistage fonctionne-t-il quand on est guéri?

Image: cromaconceptovisual/Pixabay

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

Q : «Lors d’un récent voyage en Espagne, j’ai souffert de symptômes associés à la COVID-19 (toux sèche, fièvre très forte, courbature et mal de gorge persistant). J’ai consulté et, après quelques jours de médication, j’ai pris du mieux. De retour au Saguenay, j’ai été testé le 23 mars et mon résultat fut négatif. J’ai demandé à l’infirmière si j’avais quand même pu avoir la COVID-19 et en être guéri. Elle ne pouvait me répondre. Alors est-ce que le test détecte le virus si on est déjà guéri ?», demande Mario Hubert, de Laterrière.

R : Le type de test actuellement utilisé est appelé «test PCR», pour polymerase chain reaction (réaction en chaîne par polymérase). Essentiellement, il s’agit d’une technique qui «amplifie» une séquence génétique connue, ici une partie du génome du microbe dont on soupçonne la présence : si la séquence est absente, il ne se passe rien; si elle est présente, alors la PCR en fait des millions de copies, ce qui en facilite la détection. Alors ce test-là détecte uniquement que les virus qui sont présents : si quelqu’un s’en est remis, son corps ne contient plus de virus, donc plus de matériel génétique viral, et le PCR ne «verra» rien.

Pour savoir si on a déjà fait la COVID-19 dans le passé, il faut un test qui détecte non pas le virus lui-même, mais des anticorps, soit ces particules que le système immunitaire produit pour désactiver un microbe. Les anticorps sont toujours des particules très spécialisées : ils ne se «collent» qu’à une sorte de microbe en particulier, et pas aux autres. En outre, le système immunitaire doit «apprendre» à les fabriquer un par un, maladie par maladie, ce qu’il ne peut faire que s’il est confronté au microbe lui-même. Une personne qui n’a jamais été infectée par la COVID-19 n’aura donc pas d’anticorps spécifiques à ce virus. Et comme les anticorps restent dans le sang pendant longtemps après que le patient soit guéri, ils sont un excellent moyen de savoir si l’on a déjà été infecté dans le passé.

Le hic, cependant, c’est que ces tests-là ne sont pas encore disponibles, en tout cas pas au Québec. «C’est beaucoup plus compliqué à développer qu’un test PCR, explique Luigi Bouchard, professeur de biochimie à l’Université de Sherbrooke et chef du service de génie moléculaire et génétique au CIUSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ça demande plus de recherche avant d’avoir un test validé et fiable. De ce que je comprends, ça s’en vient, il y a de grands groupes qui travaillent là-dessus, mais on n’est pas tout-à-fait rendu là.»

Cela dit, les choses évoluent très rapidement, poursuit M. Bouchard. L’entreprise allemande EuroImmun a annoncé à la fin de mars qu’elle avait mis au point un test qui détecte les anticorps et que l’Union européenne l’avait approuvé. Ce test ou un autre équivalent devrait donc bientôt arriver au Canada.

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec et du Facebook Journalism Project.

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