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11 septembre 2018
Temps de lecture : 2 minutes

Des probiotiques utiles ou pas?

Photo: Pixabay

Des chercheurs israéliens ont vérifié pour la première fois ce qui se passe directement dans l’intestin quand on prend des probiotiques. Et ce qu’ils observent est surprenant: dans certains cas, ces bactéries amies retardent la restauration de la flore naturelle.

Les probiotiques, des bactéries « amies » de notre système digestif sont vendues notamment comme un moyen de rétablir la flore intestinale après un traitement antibiotique.

Pour tester leur action, les chercheurs israéliens ont étudié l’effet des probiotiques in vivo, grâce à des endoscopies et des colonoscopies, pour déterminer ce qui se passe véritablement à l’intérieur de l’intestin, dans deux petites études. Habituellement, dans la majorité des essais cliniques, les chercheurs analysent plutôt les fèces humaines pour tester l’efficacité des probiotiques.

L’équipe qui vient de publier dans Cell a notamment administré un traitement antibiotique (ciprofloxacine et métronidazole) de 7 jours à un groupe de 21 volontaires qui étaient en bonne santé. Ils ont ensuite divisé ce groupe en trois.

  • Sept individus n’ont obtenu aucun traitement.
  • 6 personnes ont eu une transplantation fécale (leurs propres selles récoltées avant le traitement antibiotique).
  • 8 participants ont consommé un probiotique contenant 11 souches bactériennes dont Lactobacillus acidophilus, Lactobacillus casei, Bifidobacterium longum, Lactococcus lactis, Streptoccocus thermophilus.

Résultats?

La flore intestinale a mis plus de temps à revenir à son état d’origine chez ceux qui recevaient des probiotiques que chez ceux qui avaient eu une transplantation fécale ou qui n’avaient pas reçu de probiotiques.

Les probiotiques sont-ils inefficaces pour autant? Non.

Denis Roy, chercheur à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval, explique que les 11 souches semblent avoir été choisies en fonction de leur facilité de production.

« Pourquoi 11 souches? Il n’y pas toujours un intérêt à avoir autant de souches », souligne le chercheur québécois. « Pour être efficace, un probiotique doit être bien identifié et caractérisé, ce qui n’est pas le cas ici. J’aurais aimé qu’ils utilisent un probiotique reconnu contre les diarrhées et qui a fait l’objet d’études cliniques », ajoute-t-il.

En réalité, ce que l’étude illustre véritablement, c’est que chaque personne réagit différemment aux nombreux probiotiques sur le marché et cela dépend en grande partie de la population bactérienne déjà présente dans l’intestin.

«Les chercheurs israéliens ont démontré qu’il y avait des microbiotes résistants et d’autres plus permissifs aux probiotiques», indique le chercheur de l’INAF.

Difficile pour le consommateur de s’y retrouver

Comme l’a démontré cette étude, et une autre publiée par la même équipe également dans Cell, il n’existe pas de probiotique miracle ou de one-size-fits-all. Chaque probiotique est différent et peut agir différemment chez une personne. «Un bon probiotique devrait être personnalisé. C’est une science en marche. Cela devrait mener à de nouvelles générations de probiotiques», espère Denis Roy.

Alors, on fait quoi devant les tablettes de la pharmacie? Les conseils du médecin ou du pharmacien peuvent aider à y voir plus clair. Mais en règle générale, au quotidien, si vous êtes en santé, vous pouvez bien vous passer de probiotiques en mangeant sainement.

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