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Santé

Traitements de fertilité: plus de complications pendant la grossesse

04-02-2019

Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), une technique de reproduction assistée. Photo: Dr Elena Kontogianni

Les femmes qui sont enceintes grâce à un traitement contre l’infertilité, notamment une fécondation in vitro (FIV), ont plus de risques de souffrir de complications graves liées à la grossesse, comme des hémorragies de la délivrance ou des infections post-partum.

C’est ce que conclut une étude parue dans le Canadian Medical Association Journal et menée par une équipe de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), à Montréal.

Pour faire leur analyse, les chercheurs ont passé au crible les données de plus de 813 000 naissances enregistrées dans les hôpitaux ontariens entre 2006 et 2012. Ils se sont ensuite concentrés sur environ 11 500 femmes ayant eu recours à la procréation assistée et les ont comparées à 47 500 femmes tombées enceintes naturellement.

« Dans le groupe qui a reçu un traitement contre l’infertilité, en particulier une fécondation in vitro, 30,8 femmes pour 1000 [soit 3,08%] ont subi une complication grave de la grossesse. Comparé à un groupe de femmes du même âge et avec des caractéristiques similaires, qui ont donné naissance sans aucun traitement, ce taux était 40% plus élevé », a expliqué dans un communiqué Natalie Dayan, auteure principale de l’étude, clinicienne et chercheuse à l’IR-CUSM.

Elle précise toutefois que le nombre absolu de femmes qui développent ces complications reste très faible (3% contre 2,2% dans l’étude). « Ces traitements sont donc des méthode très sûres et efficaces pour devenir enceinte et avoir un enfant », rappellent les auteurs. De manière générale, au Canada (ce qui inclut des femmes en moyenne plus jeunes que dans l’étude), ces complications concernent de 10 à 15 naissances sur 1000.

Des questionnements récurrents

Ce n’est pas une surprise pour les chercheurs: ces résultats viennent confirmer des constats antérieurs. Une étude rétrospective publiée en 2016, entre autres, concluait par exemple elle aussi que la FIV et les traitements de fertilité étaient associés à un risque accru de complications maternelles graves. Compilant des données sur 6500 grossesses, l’étude comptait toutefois un faible nombre de grossesses obtenues par assistance médicale.

Depuis l’essor de ces techniques, les enfants issus de la FIV sont également sous la loupe des scientifiques, qui s’intéressent aux éventuels effets néfastes. Certaines études ont montré que les enfants conçus par procréation médicalement assistée présentaient un risque légèrement accru d’anomalies congénitales et de troubles cardiovasculaires, comme une pression artérielle plus élevée, entre autres. La méthodologie de plusieurs de ces études est toutefois critiquable, de nombreux facteurs pouvant complexifier les analyses.

Les mécanismes en cause sont mal compris. D’autant qu’il est difficile de séparer les impacts des techniques de reproduction des effets liés à l’infertilité elle-même, et à l’environnement pré et post-natal. Des études menées chez l’animal suggèrent toutefois que la croissance et le développement du placenta pourraient être altérés par ces procédures. Les marques épigénétiques, qui se mettent en place dès les premiers jours suivant la fécondation, pourraient elles aussi être perturbées, notamment par les conditions de culture de l’embryon avant son implantation dans l’utérus.

S’il faut prendre ces résultats avec des pincettes, ils n’en soulèvent pas moins des questions importantes, à l’heure où un couple canadien sur 6 éprouve des problèmes de fertilité, et où environ 18 000 grossesses surviennent chaque année au pays grâce à la procréation médicalement assistée.

 

 

 

 

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