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Santé

Winnipeg, au cœur de la lutte contre le coronavirus

31-01-2020

Le bâtiment qui abrite le LNM à Winnipeg. Photo: LNM

Au Canada, c’est à Winnipeg que s’organise la riposte contre l’épidémie causée par le coronavirus de Wuhan.

C’est dans cette ville qu’est situé le laboratoire national de microbiologie (LNM) de l’Agence de la santé publique du Canada, qui nous a ouvert ses portes au printemps dernier. Il s’agit du laboratoire de référence qui effectue tous les tests diagnostiques sur les échantillons suspects envoyés par les provinces et territoires.

C’est aussi là qu’une « cellule de crise » est mise en place pour coordonner la réponse des différentes provinces.

Un laboratoire unique au pays

Le LNM, qui a fêté ses 20 ans en 2019, est la seule installation au Canada à être équipée pour manipuler les agents pathogènes les plus dangereux de la planète, comme le virus Ebola.

Photo: National Centre for Foreign Animal Disease

Ainsi, il abrite un laboratoire dit « de niveau 4 » sur l’échelle de sécurité biologique – dans le jargon, on parle d’un laboratoire BSL4 (biosafety level). Cela correspond au plus haut niveau de confinement, adapté aux pathogènes les plus dangereux : les scientifiques doivent revêtir des combinaisons intégrales, sortes de scaphandres gonflés d’air pour limiter les risques de contamination. Les procédures de décontamination sont les plus rigoureuses qui existent.

  • On trouve dans le groupe 4 : le virus Ebola et les autres agents causant des fièvres hémorragiques (Marburg, Lassa…)

 

Photo: National Centre for Foreign Animal Disease

Les tests sur le coronavirus sont toutefois effectués dans un laboratoire de niveau 3. Les agents pathogènes manipulés en niveau de confinement 3 peuvent provoquer une maladie grave, voire mortelle, mais leur taux de mortalité est moins élevé que dans le groupe 4 (ou leur risque de transmission est plus faible).

Pas de scaphandre intégral ici, mais des mesures de sécurité très strictes. Les locaux sont dépressurisés en permanence afin d’éviter toute fuite du virus vers le reste du bâtiment, l’air est filtré, les chercheurs et techniciens portent un équipement de sécurité et manipulent les échantillons dans des hottes étanches.

  • On trouve dans le groupe 3 : les virus de grippe, du SRAS, les bactéries de la tuberculose, de la peste, l’anthrax…

Une salle de crise activée

Le « centre d’opérations » ou CO de l’Agence de la santé publique du Canada, mis sur pied après l’épidémie de SARS en 2003, est une grande salle équipée de moyens de communication dernier cri.

Le mur du fond est couvert d’un immense écran; sur les côtés, plusieurs écrans de TV sont suspendus, branchés en continu sur les chaînes d’information.

C’est dans le centre d’opérations que s’installent les équipes formées à la gestion des urgences pour faire face à l’épidémie.

Selon le niveau d’urgence activé (il en existe 4), le centre peut bourdonner comme une ruche ou être calme, comme aujourd’hui. En cas de crise, tous les postes sont comblés 24h/24, 7 jours/7. En ces lieux, la hiérarchie habituelle vole en éclat : seules 15 personnes sont formées à diriger le centre, et c’est l’une d’elles qui devient le « boss ». Autour des tables, chacun revêt un gilet de couleur (jaune, bleu, rouge) qui permet de savoir dans quelle équipe il se trouve (logistique, communications, agent de liaison…).

 

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