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Sciences

Des résidus de l’industrie papetière utiles pour les forêts

01-02-2019

Photo: Pixabay

Des résidus provenant de l’industrie des pâtes et papier pourraient aider le sol des érablières québécoises.

Le sol de certaines forêts du Québec, en particulier des érablières, est trop acide, ce qui affecte leur fertilité et leur croissance. En cause : activités forestières et humaines, pollution, changement climatique, etc. Pour contrer ce phénomène, des chercheurs québécois (Université du Québec en Outaouais (UQO), Université McGill et Centre d’étude de la forêt) ont testé l’application de résidus de cendres de bois provenant des usines de pâtes et papier dans les forêts d’érables à sucre. Ces résidus alcalins neutralisent et aident les sols, selon l’article publié récemment dans Science of The Total Environment.

En 2014, l’équipe de biologistes a sélectionné six sites localisés dans la région de l’Estrie, près de Windsor et Stoke. Avant leur expérience, les chercheurs ont récolté des échantillons du sol pour pouvoir comparer l’effet de l’épandage de cendres au bout de deux ans. Lorsqu’ils ont analysé leurs nouvelles données en 2016, le pH avait augmenté de plus d’une unité et, dans certains cas, avait presque doublé. D’après d’autres études menées sur les résidus, l’impact peut se faire ressentir jusqu’à 15 ans après le recouvrement du sol.

Les chercheurs ont aussi suivi l’évolution des gaz à effet de serre suite à l’application des cendres et ont remarqué pendant cette période que cela diminuait les émissions de CO2 et d’oxyde nitreux, notamment.

Sol acide

D’après l’auteur principal Samuel Royer-Tardif de l’UQO, on revalorise de façon marginale les cendres de bois pour les déposer sur les sols des forêts du Québec alors que les pays scandinaves, par exemple, le font à plus large échelle depuis une dizaine d’années.

«La papetière Domtar engendre annuellement plusieurs tonnes de ces produits et ne sait quoi en faire. Ce sont des résidus riches en éléments nutritifs pour les plantes, qui iront contrer l’acidité des sols forestiers », souligne le chercheur Royer-Tardif.

«On ne parle plus beaucoup des pluies acides, mais leur effet se fait encore sentir. Certains sols que nous étudions ont un pH en deçà de 4,0 [NDLR : on dit qu’un sol est acidifié en-dessous du seuil de 6,0]. C’est plus acide que les sols où poussent les pins gris de la forêt boréale, qui sont des sols réputés comme étant très acides», explique Samuel Royer-Tardif. «Une érablière a besoin d’un pH de 6,0 à 6,5. Lorsque le substrat est trop acide, les éléments nutritifs sont emprisonnés et indisponibles pour la croissance des arbres», ajoute-t-il.

Si l’application de résidus de l’industrie de pâtes et papier a un effet immédiat pour contrer l’acidification du sol, les chercheurs ne comprennent pas encore ce qui se produit chez l’arbre. Est-ce que c’est un bilan positif pour sa croissance? Que se passe-t-il au niveau de ses racines ou de l’environnement microbien? «Dans le cas de nos érablières, on ne le sait pas en ce moment, mais une expérience similaire menée avec l’épandage de la chaux a démontré une augmentation de la croissance pour l’érable». Le chercheur espère avoir l’occasion de l’examiner au cours des prochaines années. C’est à suivre, donc!

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