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Société

Le discours haineux sous la loupe des chercheurs

01-10-2019

Photo: Thomas Ulrich/Pixabay

Pendant les élections fédérales, les discours haineux qui circulent sur la Toile sont scrutés à la loupe par des chercheurs.

Plusieurs groupes de chercheurs faisant partie du projet Digital Ecosystem Research Challenge examinent l’influence des médias numériques sur l’élection fédérale 2019. Parmi eux, deux chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, Christopher Tenove et Heidi Tworek, tentent de mieux comprendre le discours haineux employé par les utilisateurs des réseaux sociaux, en particulier sur la plateforme Twitter.

D’après un rapport d’Amnistie internationale, les femmes et les personnes appartenant aux minorités ethniques sont plus particulièrement visées par ces agressions virtuelles. Les chercheurs canadiens ont voulu savoir ce qu’il en était dans un contexte politique.

«Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas encore eu d’étude significative sur cette question au Canada», remarque Christopher Tenove, chercheur post-doctoral au département de science politique. Avec sa collègue et un petit groupe de collaborateurs, il recueille donc sur Twitter tous les messages publics adressés aux politiciens canadiens. «Nous avons déjà rassemblé plus d’un million de tweets. Une partie de notre projet consiste à développer un modèle d’apprentissage machine qui pourra passer en revue ce grand nombre de messages», explique le chercheur. L’équipe récupère autant les gazouillis en anglais qu’en français, même si elle n’est pas encore certaine de pouvoir faire l’analyse en français. Les chercheurs pourront ensuite se pencher sur l’étude des propos à caractère haineux ou discriminatoires.

Des entrevues réalisées d’ici la fin de l’année avec des politiciens complèteront par la suite leur analyse. Selon l’hypothèse de départ, les sujets les plus polarisants seraient ceux qui provoquent le plus de messages haineux comme l’immigration, le multiculturalisme, les changements climatiques ou la corruption. Il faudra attendre la publication de leur étude en janvier prochain pour en avoir le coeur net.

Les chercheurs en profiteront aussi pour examiner comment Facebook et Twitter améliorent leur plateforme pour répondre à cette situation. «Pendant les élections de 2016, Facebook, Twitter, YouTube et d’autres ont apporté des changements à leur mode de fonctionnement. Ils sont beaucoup plus conscients de ces problèmes et ils subissent de la pression de la part des gouvernements et des journalistes.»

Comment répondre au discours haineux?

Suite à des commentaires haineux ou racistes, un utilisateur peut se retirer des réseaux sociaux pour ne plus les voir. Mais un candidat aux élections, par exemple, n’a pas ce choix. Comment les politiciens doivent-ils agir face à ce type d’attaque? «Dans certains cas, on peut simplement bloquer les gens, mais les politiciens peuvent avoir des ennuis lorsqu’ils bloquent de manière injustifiée», indique le chercheur britanno-colombien. Pour aller au-delà du message toxique, Christopher Tenove fait savoir que s’engager dans une vraie conversation avec l’autre fonctionne parfois, même si cela prend beaucoup de temps.

 

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