Photo: Gylfi Gylfason @ pexels.com
Comme leur nom l’indique, les volcanologues sont des spécialistes des volcans. En examinant ces colosses impatients, ces scientifiques tentent de percer leurs secrets et de comprendre les phénomènes qui se déroulent à l’intérieur de la Terre.
La volcanologie permettra peut-être un jour de mieux prévoir les éruptions pour informer plus efficacement les populations qui vivent près des volcans.
Hélène Gaonac’h, volcanologue
Aujourd’hui retraitée, Hélène Gaonac’h était volcanologue à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Passionnée de vulgarisation scientifique, elle est l’autrice des aventures de Vicki Volka. C’est sa grande expérience sur plusieurs volcans du globe qui inspire ses écrits.
Hélène a travaillé au laboratoire GEOTOP (Centre de recherche en géochimie et en géodynamique) de l’UQAM. Son travail se partageait entre son laboratoire de Montréal et ses nombreux voyages pour observer les volcans du monde.
Articles parus dans Québec Science en lien avec la profession de volcanologue :
Des volcans actifs sur Vénus ? 18 mai 2023
Faire couler de la lave pour l’étudier 23 février 2023
Volcans sous surveillance 27 août 2020
Naissance d’un volcan sous-marin à Mayotte 27 août 2020
Volcan Kilauea : flammes bleues et nuage toxique 24 mai 2018
Entrevue
Entrevue avec Hélène
Quels volcans as-tu étudiés ?
J’ai eu la chance d’aller sur plusieurs volcans. En Italie, j’ai vu le Stromboli et l’Etna en pleine effusion de lave. Aux États-Unis, je suis allée au Mont Saint Helens. Au Nicaragua, j’ai étudié les émissions de chaleur du mont Masaya pendant une période de dégazage et à Hawaii, j’ai survolé en hélicoptère un lac de lave que j’ai filmé avec une caméra infrarouge thermique. Lors d’un voyage en Islande, j’ai été époustouflée par les paysages volcaniques. Là-bas, il n’y a pas un volcan, ni deux volcans, mais des chaînes de volcans qui se suivent à n’en plus finir.
Les instruments des volcanologues semblent complexes…
En effet, les géologues sont équipés de bien plus qu’un marteau maintenant. En plus de la caméra infrarouge thermique, le GPS est très utilisé. Certaines équipes emportent sur le terrain des capteurs de déformation que l’on installe sur les volcans et des sondes que l’on enfonce à grande profondeur pour mesurer la température. Les caméras infrarouges thermiques mesurent la chaleur émise par le volcan, par exemple par des fissures ou par son cratère. Les images fournies par les satellites, elles aussi, sont très utiles pour suivre les nuages volcaniques qui se propagent dans l’atmosphère. De retour au laboratoire, les volcanologues et leur équipe utilisent l’informatique pour simuler des phénomènes volcaniques et pour analyser les échantillons récupérés directement sur les volcans.
Que permettent de savoir tous ces instruments ?
Le métier de volcanologue se compare un peu à celui de médecin. Nos outils sont comme des stéthoscopes avec lesquels on recueille toutes les informations que l’on peut. Ensuite, nous essayons de déduire ce qui se passe à l’intérieur du « patient ».
Que préfèrais-tu de ton métier ?
J’adore aller sur les volcans pour les étudier, qu’ils soient en activité ou au repos. Je suis fascinée par la grande puissance des phénomènes volcaniques : assister à une éruption, c’est génial!
Quelles sont les qualités d’un-e bon-ne volcanologue ?
Il faut être curieux et persévérant, aimer l’aventure, être ouvert aux autres sciences que celle dans laquelle on est spécialisé. Il faut aussi être prêt à écrire car c’est lors de la publication d’articles scientifiques que l’on met vraiment la dernière main à la pâte dans une recherche. Il faut aussi être ouvert aux cultures des pays que l’on visite. Et bien sûr, il faut tolérer la chaleur !
Un moment intense de ta carrière ?
Sur les flancs de l’Etna, en Italie, j’ai dû traverser une large coulée de lave en empruntant un pont de roche de seulement 50 cm de large. Il m’a fallu tout mon courage pour marcher à deux mètres au-dessus du liquide à 1 200°C.
Journée type
Une journée dans la vie d’Hélène, lorsqu’elle était volcanologue
Arrivée à son bureau à 8h00, Hélène Gaonac’h commençait par répondre aux nombreux courriels que lui envoyaient ses collègues et aussi ceux des enfants, qui lui posaient des questions sur son métier. Le reste de l’avant-midi était consacré à la relecture des rapports de recherche qu’elle soumettait aux grandes revues scientifiques. Le dîner se passait avec les autres membres de son laboratoire pour discuter des recherches à venir et des budgets à trouver.
L’après-midi, elle passait deux heures avec un des étudiants à la maîtrise qu’elle dirigeait pour voir le travail qu’il avait accompli et le guider pour les prochains jours. Ensuite, elle filait à l’Université McGill pour travailler avec d’autres volcanologues. Par vidéoconférence, elle discutait avec des chercheurs des États-Unis, de l’Allemagne, de la Colombie, du Mexique… De retour à l’UQAM à 16h30, elle travaillait sur un modèle numérique de simulation des bulles de gaz dans un magma. Son modèle ressemblant drôlement à la réalité, la journée finissait bien!
Sur la route du retour à la maison, elle songeait aux préparatifs de son prochain voyage pour étudier les volcans d’Hawaii…
Études
Le parcours universitaire d’Hélène
Hélène a obtenu une licence (équivalent français du baccalauréat) en géologie à l’Université de Paris VII, une maîtrise en géologie à l’Université de Montréal et un doctorat en volcanologie physique à l’Université de Montréal.
Cégep
DEC en sciences de la nature (2 ans)
Université
Baccalauréat en science (plusieurs domaine mène à la volcanologie : géologie, chimie, physique, biologie, etc.) (3 ans)
C’est ensuite en faisant une maîtrise (2-3 ans) et un doctorat (3-5 ans) qu’on se spécialise en volcanologie.
Maitrise en géologie
Doctorat en volcanologie
Et après ?
On devient chercheur ou chercheuse dans une université ou au gouvernement. On peut aussi travailler dans un observatoire pour « surveiller » un volcan actif ou devenir guide pour des curieux qui souhaitent voyager.