Le tunnel pour amphibiens de Monkton, dans le Vermont. Photo: University of Vermont
Chaque année, on déplore plus de 7000 collisions avec la grande faune sur les routes de la province. Mais le gouvernement rechigne à adopter les bonnes pratiques en matière d’aménagements fauniques.
Été 1924. Un professeur de zoologie de l’Iowa se rend en voiture aux abords du lac Okoboji, au nord de l’État, pour séjourner dans un institut de recherche. Dayton Stoner et sa femme, Lilian, ornithologue, empruntent pendant plusieurs jours les autoroutes de campagne et s’alarment du nombre d’animaux morts sur le bas-côté. Au terme des quelque 1000 kilomètres, le couple recense 225 carcasses, de 29 espèces différentes. Le zoologue rapporte ce constat dans la revue Science et écrit : « En plus de causer une mortalité humaine élevée, les propriétés mortelles de l’automobile font de sérieux dégâts chez les mammifères, les oiseaux et les autres formes de vie animale de notre pays. »
Un siècle plus tard, on compte plus de 350 millions de véhicules en circulation en Amérique du Nord. Au Québec, entre 2019 et 2023, il y a eu en moyenne 20 collisions par jour avec la grande faune. Les accidents avec les cerfs de Virginie arrivent en tête de liste , suivis de ceux avec les orignaux, les caribous et les ours noirs.