Cette recommandation repose-t-elle vraiment sur des bases scientifiques ?
On l’entend à la radio, on le lit dans les magazines, on le reçoit en conseil santé bien intentionné, souvent sans l’avoir demandé. À force d’être répétée, cette recommandation a dépassé le simple conseil pratique. Elle est devenue une norme rassurante, un chiffre rond qui donne l’impression de prendre soin de soi. Pourtant, notre corps ne fonctionne pas avec des quotas d’eau précis. Et l’histoire à l’origine de ce chiffre est plus surprenante qu’on pourrait le croire.
C’est en 1945 qu’apparaissent, pour la première fois aux États-Unis, des recommandations officielles sur l’apport quotidien en eau. Un comité scientifique mandaté par le gouvernement américain, le Food and Nutrition Board, publie un rapport dans lequel il estime qu’une personne adulte sédentaire a besoin d’environ 2,5 litres de liquide par jour. Le document ajoutait une précision qui a disparu des recommandations. Ces liquides devraient inclure non seulement ce que l’on boit, mais aussi l’eau naturellement présente dans ce que l’on mange. Les fruits, les légumes et les soupes contribuent à eux seuls à près de 20 à 30 % de nos apports hydriques quotidiens, soit l’équivalent de deux à trois verres d’eau par jour.
Ce glissement n’a rien d’exceptionnel.