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Espace

«Les planètes sont les objets les plus complexes de l’Univers!»

21-06-2019

Une exoplanète en transit devant son étoile. Crédits: ESA.

Le 13 juin 2019, la barre des 4000 exoplanètes découvertes a été franchie. Pas facile, pour autant, de savoir lesquelles sont «habitables».

4000! C’est le nombre officiel d’exoplanètes recensées par la NASA. Parmi les 31 nouvelles «recrues» confirmées, on trouve une géante ayant 14 fois la masse de Jupiter, un système planétaire avec au moins 3 planètes découvert par TESS, et une planète aussi grosse que la Terre appelée EPIC 201833600 c…

Comment savoir si ces planètes, si loin et si difficiles à observer, sont habitables? Autrement dit, comment déterminer la température qu’il y fait et la nature de leur atmosphère? C’est la mission de Nicolas Cowan, professeur au département des sciences de la Terre et des planètes de l’Université McGill Terre. Lors d’une conférence donnée au congrès annuel de la Société canadienne d’astronomie en juin, le chercheur spécialisé dans l’étude de l’atmosphère des exoplanètes a rappelé à quel point les planètes étaient des objets insaisissables. «Si on exclut la vie, ce sont les choses les plus complexes de l’Univers! Prenez la Terre et Vénus. Vues de loin, ce sont deux planètes telluriques, qui ont à peu près la même taille et sont dans la même région proche de leur étoile. Pourtant, Vénus a une rotation lente, pas de champ magnétique, pas de tectonique, pas d’eau», a-t-il illustré.

Autre exemple, celui des Jupiters chaudes. Contrairement à notre Jupiter, ces grosses planètes gravitent près de leur étoile hôte et ont une orbite courte, en général moins de trois jours. Elles ont une «face» toujours tournée vers leur étoile, brûlante, et une face plus «froide». Selon les théoriciens, ces planètes sont balayées par de forts vents soufflant d’ouest en est au niveau de l’équateur, ce que Nicolas Cowan et d’autres chercheurs de l’Institut spatial de l’Université McGill (MSI) et de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx) de Montréal ont pu observer plusieurs fois.

Jusqu’à ce qu’ils tombent sur CoRoT-2b, une Jupiter chaude située à 930 années-lumière de la Terre qui ne fait rien comme les autres. En cartographiant le gradient de température à la caméra infrarouge IRAC (InfraRed Array Camera) du télescope Spitzer, les chercheurs ont pu constater la présence d’un point chaud à l’ouest, à l’inverse de ce qui est observé habituellement. «Elle est bizarre, a résumé Nicolas Cowan. Ce qu’on en déduit, c’est que les Jupiters chaudes ne sont pas uniformes. Pour comprendre les planètes, il faut donc en «scanner» énormément pour avoir des données statistiques sur des grands échantillons, et il faut aussi en étudier certaines très en détail, ce que le télescope spatial James Webb, qui sera lancé en 2021, promet de faire.»

Il se réjouit aussi du projet de l’Agence spatiale européenne ARIEL (Atmospheric Remote-Sensing Infrared Exoplanet Large-survey) qui sera lancé à la fin des années 2020. «ARIEL observera plus de 1000 exoplanètes en quelques années et mesurera la composition chimique des atmosphères lorsque les planètes passeront devant leur étoile hôte.»

Crédit image : NASA/JPL-Caltech

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