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Santé

Questions en vrac sur le confinement

Image: congerdesign/Pixabay

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

Les modalités fines du confinement semblent avoir créé une certaine confusion parmi la population, à en juger par le grand volume de questions que nous recevons à ce sujet. Voici quelques clarifications, en vrac.

Q : «Certaines personnes soutiennent haut et fort que l’on devrait proscrire même la marche et la course dans des rues où les trottoirs seraient trop étroits pour respecter les règles de la distanciation de 2 mètres. D’autres vont jusqu’à prétendre que le virus circule dans l’air. Alors pouvons-nous sortir faire notre jogging sans risque d’être contaminés ou de contaminer les autres?», demande David Valentine, de Montréal.

R : Oui, la marche et la course à l’extérieur sont permises pour les personnes qui ne sont pas en confinement obligatoire, me confirme-t-on à l’Institut de la santé publique du Québec (INSPQ). Il va sans dire qu’on ne peut pas le faire en grands groupes et que la règle de 2 mètres s’applique, quitte à marcher ou à courir une petite distance dans la rue. L’INSPQ recommande de se laver les mains en revenant.

Cependant, la marche, la course et toute sortie à l’extérieur sont strictement interdites pour les personnes qui ont des symptômes grippaux (toux, fièvre, éternuements), ceux qui ont la COVID-19 ou qui sont en attente de leur résultat de test et ceux qui reviennent de voyage. Ces derniers doivent respecter leur quarantaine de 14 jours et ne sortir «sous aucun prétexte», insiste-t-on à l’Institut.

Enfin, au sujet de la propagation du virus par la voie des airs, voir cette réponse de la collègue Valérie Borde.

Q : «Faut-il remettre son examen médical annuel à cause de la pandémie ou peut-on s’y rendre comme d’habitude?», demande Pierre Chartrand, d’Ottawa.

R : De manière générale, oui, tout rendez-vous non urgent devrait être reporté, que ce soit chez le médecin, le dentiste, l’optométriste ou d’autres professionnels de la santé, répond l’INSPQ.

Maintenant, il y a bien sûr des consultations qui, sans être «urgentes» à proprement parler, sont difficilement reportables — par exemple les suivis de grossesse, les suivis de jeunes enfants de 0-2 an et les problèmes de santé mentale. Les «télésoins» (par Skype ou d’autres applications du genre) et les consultations par téléphone devraient être priorisés, mais il arrive que cela ne soit pas possible, pour une raison ou pour une autre. La décision de maintenir le rendez-vous en personne doit être évaluée au cas par cas par le médecin et l’équipe soignante.

Q : «Est-ce que les grands-parents de moins de 70 ans peuvent garder un petit-enfant (moins de 2 ans) pour une ou deux nuits si personne ne revient de voyage et si ni l’enfant, ni les parents, ni les grands-parents ne présentent de symptômes? Bien évidemment, on observerait les règles de distanciation entre les adultes lors du transfert de l’enfant», demande Vincent Campbell Allaire, de Montréal.

R : Il est *recommandé* de ne pas entrer en contact rapproché — moins de 2 mètres, passer plusieurs jours ensemble — avec les gens qui ne vivent pas sous le même toit que nous, tous âges confondus, rappelle l’INSPQ. Contrairement au confinement de 14 jours pour les gens qui sont atteints de COVID-19 ou qui en sont soupçonnés (voir les catégories dans la première question), il s’agit-là d’une recommandation, pas d’une obligation légale. Mais quand même, il faut essayer de l’éviter autant que possible.

Si les grands-parents doivent vraiment garder, alors il faut idéalement qu’ils aient moins de 70 ans. Et l’on doit tenter de respecter les mesures de distanciation non seulement entre adultes lors du transfert de l’enfant, mais aussi avec le ou les enfants pendant la garde — même si, on s’entend, cela peut être très difficile. Tout le monde devrait se laver les mains régulièrement, de même que les surfaces et objets fréquemment touchés (jouets, poignées de porte, etc.).

Q : «Nous devons déménager prochainement en Estrie. Nous avons été soulagés de constater que les déménageurs sont un service essentiel de même que les notaires. La compagnie dit que ses déménageurs seront vérifiés, qu’ils porteront des gants, etc. Quant à nous, nous devons remplir un questionnaire sur notre état de santé. Cependant, nous nous interrogeons sur ce qu’il faut faire à notre arrivée dans notre nouvelle maison», demande Roch Lessard, de Québec.

R : L’INSPQ recommande de reporter tout déménagement non essentiel, si cela peut se faire. En outre, les personnes en confinement obligatoire — atteintes de la COVID-19, qui attendent leur résultat de test, qui présentent des symptômes (toux, fièvre, éternuement, etc.) ou qui reviennent de voyage — devraient repousser leur déménagement et s’abstenir d’aider quelqu’un d’autre à déménager.

Si le déménagement ne peut pas être reporté, alors le principal risque est la transmission directe d’une personne à l’autre, poursuit l’INSPQ. Il faut donc, dans la mesure du possible, éviter les contacts rapprochés. On doit aussi limiter le nombre de personnes qui participent au déménagement — ne pas demander à des voisins ou amis de nous aider.

La COVID-19 ne survit pas longtemps hors du corps humain, si bien que le risque de transmission par des surfaces ou des objets est très faible. Mais il n’est pas nul non plus, alors une fois sur place, l’INSPQ recommande de désinfecter le logement, avec une attention particulière pour les surfaces que l’on touche souvent (poignées, rampes, robinets, interrupteurs, etc.), de bien nettoyer les électroménagers et d’attendre 24 heures avant d’ouvrir les boîtes «non essentielles». Ce délai permettra de tuer une bonne partie, sinon tous les virus qui pourraient se trouver à l’intérieur.

Q : «Je travaille dans le milieu de la santé et dois prendre l’autobus pour m’y rendre. Est-ce que je peux transmettre la COVID-19 avec mes vêtements, comme mon pantalon de travail?», demande Louise Morin, de Sherbrooke.

R : Ce sont essentiellement les mêmes consignes de sécurité qu’ailleurs qui s’appliquent aux transports en commun : tousser/éternuer dans son coude, garder 2 mètres de distance avec les autres, etc. Une fois sorti de l’autobus, idéalement, on se lave les mains aussitôt que possible.

Le virus ne se transmet pas bien par les surfaces, même si le risque n’est pas de zéro — et cela vaut pour les vêtements aussi. Évidemment, si l’établissement de santé dans lequel on travaille a émis des consignes au sujet des vêtements de service, on doit les respecter.

Q : «Si des parents sont atteints de la COVID-19, qui doit s’occuper des enfants? Et si ceux-ci ont la maladie également?», demande France Gagnon, de la région de Québec.

: Comme ce sont surtout des personnes âgées qui font les formes les plus graves de la COVID-19 et que les plus jeunes ont généralement des symptômes bénins, le plus souvent, les parents atteints sont capables de continuer de s’occuper eux-mêmes de leurs enfants. Ils doivent cependant prendre une série de précautions (limiter les contacts, porter masque et gants, etc.) que l’on peut consulter ici.

Il peut tout de même arriver que le ou les parents soient trop mal en point pour continuer de prendre soin de leurs enfants. Si quelqu’un doit venir les aider, indique l’INSPQ, il est préférable que ce soit toujours la même personne et qu’elle soit, bien sûr, en bonne santé, pas immunosupprimée, etc.

Rappelons enfin que la consigne actuelle de ne pas faire garder ses enfants par des proches est une recommandation, pas une obligation légale. On doit la respecter autant que faire se peut, mais si, par exemple, une mère monoparentale doit être hospitalisée, il est bien évident qu’elle doit alors confier son ou ses enfants à des proches. Ceux-ci doivent alors tenter de respecter les mesures de distanciation avec le ou les enfants pendant la garde, même si cela peut être très difficile. Tout ce beau monde devrait aussi se laver les mains régulièrement, de même que les surfaces et objets fréquemment touchés (jouets, poignées de porte, etc.).

Q : «Pourquoi certaines résidences pour aînés continuent-elles de servir les repas en salle à manger où plusieurs personnes, pour ne pas dire une centaine, se côtoient à un moment où l’on prône pourtant la distanciation? Dans certains cas, si les résidents demandent à se faire servir leur repas dans leur chambre, on leur charge 300$ par mois!», demande Michèle Tassé.

R : Il n’est pas interdit d’utiliser la cafétéria dans les résidences pour personnes âgées, mais plutôt «recommandé» de ne pas le faire. Si cela n’est pas praticable, alors une résidence peut aussi «favoriser la distanciation spatiale, par exemple en limitant l’occupation de la salle à manger à 50 % de la capacité avec une distanciation de deux mètres entre les usagers», m’a écrit l’INSPQ.

Q : Mon conjoint et moi ne vivons pas ensemble. Nous avons voyagé en Floride récemment, nous n’avons eu aucun symptôme et, à notre retour, avons suivi à la lettre toutes les consignes. Après l’isolement, est-ce que nous pouvons nous revoir et passer du temps ensemble pendant le week-end? Quelles sont les mesures à prendre?», demande Johanne Leclerc, de Pont-Rouge.

R : La règle dans ces cas-là, et elle s’applique également aux parents et amis qui voudraient se voir, c’est de ne pas se rendre visite. «Idéalement, deux personnes qui n’habitent pas sous le même toit devraient respecter les mêmes consignes de distanciation physique que le reste de la population, même si elles forment un couple», m’a écrit l’Institut national de la santé publique (INSPQ) lors d’un échange de courriels.

La voie à privilégier est de se «voir» virtuellement, même s’il est bien évident qu’il s’agit d’un faible succédané à la présence d’une personne en chair et en os.

«Cela est d’autant plus important si les conjoints habitent dans des régions différentes, ou le niveau de contamination à la COVID-19 est différent, ou si l’un d’entre eux ou les deux travaillent dans les services essentiels et sont amenés à avoir des contacts réguliers avec d’autres personnes», précise l’INSPQ.

Q : «Une famille qui serait en quarantaine avec une personne revenue d’Italie, disons, 10 jours auparavant, devrait-elle reprendre la quarantaine à zéro si quelqu’un tombait malade?», demande Bernard Duchaine, de Lac-Beauport.

R : Oui, si un des membres de la famille commence à présenter des symptômes, alors il faut recommencer l’isolement à zéro. L’idée des 14 jours est double. D’une part, pour les gens qui reviennent de voyage, mais qui sont sans symptômes, c’est de s’assurer que personne n’a le virus avant de quitter de la maison. La période d’incubation (entre le moment où l’on attrape le virus et celui où les symptômes apparaissent) tourne généralement autour de 5 jours pour la COVID-19, mais elle peut s’allonger. Au bout de 14 jours, on peut raisonnablement présumer qu’il n’y a pas eu d’infection.

Mais si quelqu’un se met à tousser, avoir de la fièvre, etc., il faut recommencer le compte des jours à zéro. L’idée est alors de laisser le système immunitaire se débarrasser du microbe complètement jusqu’à ce que l’individu cesse d’être contagieux, ce qui prend autour de 14 jours (peut-être plus si les symptômes persistent). Dans l’intervalle, ajoute la Santé publique, «la personne qui présente les symptômes devrait limiter le plus possible ses contacts avec les autres membres de la famille, en s’isolant dans une pièce distincte et en évitant de partager les mêmes objets». On peut trouver plus de détails sur la marche à suivre en pareil cas sur le site du ministère de la Santé.

La COVID-19 suscite énormément de questions. Afin de répondre au plus grand nombre, des journalistes scientifiques ont décidé d’unir leurs forces. Les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante (Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est), Québec Science et le Centre Déclic s’associent pour répondre à vos questions. Vous en avez? Écrivez-nous. Ce projet est réalisé grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec.

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