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Sciences

Une première recension mondiale des vers de terre

30-10-2019

Des vers de terre (Lumbricus terrestris L.) ayant pris part à une expérience au campus de l’Université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue. Photo: Joann Whalen

Des chercheurs établissent pour la première fois une carte mondiale de l’habitat des vers de terre.

L’importance des vers de terre dans l’écosystème terrestre est indéniable. Mais jusqu’à présent, les scientifiques ne connaissaient pas la diversité des espèces et l’abondance du lombric à l’échelle planétaire. C’est maintenant chose faite : une étude rassemblant des données provenant d’une cinquantaine de pays a été publiée dans Science.

Pas moins de 141 chercheurs y ont collaboré, dont Joann Whalen, professeure en écologie des sols à l’Université McGill. «Au Québec, nous effectuons des études sur les vers de terre depuis une vingtaine d’années. Nous avons une base de données qui décrit les vers vivant notamment dans les champs agricoles et les forêts tempérées», décrit la chercheuse.

D’abord, l’équipe a mesuré qu’il y a, en moyenne, de 5 à 150 vers de terre par m2 sur la planète. Le nombre est plus élevée en zone tempérée, dont le Canada, que dans les tropiques, comme au Brésil et en Afrique centrale.

Même constat du côté de la variété des espèces. Pourtant, les régions tropicales ont habituellement une plus grande diversité en matière de plantes et d’animaux.

C’est que les lombrics se plaisent à des latitudes où le climat est tempéré. «Le sol est une zone tampon qui résiste aux fluctuations de températures. Ici, au Québec, les vers de terre y vivent très bien, mais en descendant vers les zones tropicales, la température et l’humidité plus élevées sont moins bien supportées par les populations de vers», explique Joann Whalen.

«Nous avons fait des expériences et avons constaté que la température optimale pour les vers est de 20 °C. Ils subissent un stress lorsque la température monte trop», ajoute-t-elle.

Sensibles aux changements climatiques

On sait donc les vers sensibles aux variations de température. Mais les chercheurs ne savent pas encore comment ces organismes s’adapteront aux changements climatiques. Les scientifiques indiquent cependant que «toute altération induite par les changements climatiques dans les communautés de vers de terre est susceptible d’avoir des effets en cascade sur d’autres espèces dans ces écosystèmes».

Dans les prochaines décennies, les précipitations risquent d’augmenter. Les vers de terre ne résistent pas bien aux épisodes de pluie sur une longue période. «Ils se retrouvent alors dans un milieu où le sol est saturé d’eau et doivent sortir pour respirer et survivre», indique la professeure Whalen, qui continue de les étudier.

Charles Darwin et les vers de terre

Le père de la théorie de l’évolution et célèbre naturaliste Charles Darwin a également étudié les vers de terre. Il a même publié un livre, en 1881, sur cet étonnant organisme, The formation of vegetable mould through the action of worms : with observations on their habits. Il a décrit les vers (Lumbricus terrestris L.) comme étant les «intestins de la Terre».

Joann Whalen indique que les vers se nourrissent d’une grande quantité de matière organique (matière végétale, fumier…) et la transforme en une forme plus fragmentée, qui facilite la décomposition par les microorganismes. S’il n’y a pas de vers de terre, la décomposition est grandement ralentie.

 

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Microbiologie | Brendan Snarr et Donald Sheppard - Centre Universitaire de Santé McGill