Des familles des environs de Drummondville, vers 1895. Photos : Charles Howard Millar/Musée McCord Stewart
Changer de village ou de région, c’était une décision plus fréquente au sein de certaines lignées familiales.
Depuis près de dix ans, Marielle Côté-Gendreau scrute les actes d’état civil consignés par l’Église catholique au Québec. Fascinée par ce trésor généalogique , la doctorante à l’Université de Princeton s’en est servie pour retracer les migrations d’environ deux millions de personnes, à l’intérieur de la province, sur une période de deux siècles ! « Tous les actes de baptême, les mariages et les sépultures ont été utilisés pour reconstruire les identités civiles de tous les habitants, d’origine française en particulier, depuis la colonisation au 17 e siècle jusqu’au 19 e siècle, ainsi que leurs liens de parenté », explique-t-elle.
Elle a suivi le parcours de chaque famille en se référant aux lieux de baptême et de sépulture de leurs enfants. « Si un couple se marie et baptise ses deux premiers enfants à un endroit et les suivants à un autre endroit, on peut inférer le déménagement entre les naissances des enfants 2 et 3, souvent de façon assez précise, parce que les grossesses tendent à être rapprochées », précise-t-elle.
Marielle Côté-Gendreau démontre ainsi que la plupart des migrations sont courtes : de 10 à 20 kilomètres, avec une moyenne de 13 kilomètres.