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Société

Tous ne sont pas égaux devant les parcs

11-05-2017

Des chercheurs s’intéressent à l’usage des parcs urbains dans différents quartiers favorisés et défavorisés du Québec. Leur but : mieux comprendre comment ils influencent la santé de ceux qui les fréquentent.

Dire que l’environnement dans lequel un individu vit influence sa santé relève de l’évidence. Lors de périodes de canicules, on constate par exemple que les résidents de secteurs où le couvert forestier (ou canopée) est plus développé souffrent moins des effets de la chaleur accablante que ceux qui vivent près d’îlots de chaleur. C’est d’ailleurs en partie pourquoi la Ville de Montréal compile un indice de canopée sur l’ensemble de son territoire.

Curieusement, les effets des parcs urbains au quotidien sur la santé physique et mentale est un sujet qui a été moins exploré, explique Simon Coulombe, co-chercheur au sein du projet Espaces verts urbains et santé mentale du Laboratoire de recherche sur la santé Vitalité de l’Université du Québec à Montréal. « On ignore notamment comment les bénéfices de santé de l’exposition aux parcs varient en fonction du quartier », précise celui qui est professeur adjoint à l’Université Wilfrid-Laurier, en Ontario.

Pour le découvrir, l’équipe a interrogé l’automne dernier pas moins de 322 usagers de parcs urbains dans 16 parcs de quartiers favorisés et défavorisés de Montréal, Québec, Laval et Saint-Hyacinthe. Les résultats de cette collecte de données, premier pas d’une vaste étude visant à favoriser l’équité environnementale, sont présentés dans le cadre du 85e congrès de l’Acfas.

Sans surprise, l’usage, l’appréciation et l’effet perçu de la fréquentation des espaces verts urbains varient considérablement selon le quartier où ces derniers se situent.

« On remarque par exemple que fréquenter un parc pour changer de décor et se distraire est une réponse unique aux usagers de quartiers favorisés. Les usagers de quartiers défavorisés soulignent quant à eux des enjeux de sécurité », explique le chercheur.

Ces résultats permettront aux décideurs de se faire une meilleure idée de l’usage des parcs et pourront ainsi orienter leurs politiques d’aménagement en conséquence. « Ces milieux de vie ont le potentiel de soutenir tous les éléments du bien-être, autant physiques que mentaux. Paradoxalement, ce sont ceux qui pourraient en tirer le plus de bénéfices qui y ont le moins accès. Cette recherche est un premier pas afin de s’attaquer à ces inégalités », conclut Simon Coulombe.

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