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14-11-2019

Le professeur et biologiste Claude Villeneuve explique pourquoi, malgré l’urgence climatique, il voit l’avenir d’un bon oeil.

« Je ne suis pas catastrophiste. Je crois que des solutions existent, mais il faut qu’on soit capable de les mettre en branle. Le Québec n’est pas comme la grenouille de la fable qui, inconsciemment, s’ébouillante petit à petit. Nous sommes l’une des sociétés les plus avancées en matière de sciences climatiques. Si nous continuons à faire de la bonne science, à l’intégrer dans les politiques et les actions d’adaptation, nous pourrions vivre les changements climatiques en 2050 dans un confort relatif.

« Oui, nos émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, mais, avec de grands efforts de réduction et des prix du carbone beaucoup plus élevés, nous pourrions atteindre les cibles préconisées. Prenez seulement toutes ces voitures dont le moteur tourne inutilement après un démarrage à distance. Si les 6,6 millions de véhicules immatriculés au Québec fonctionnent 10 minutes par semaine pour rien, cela produit 286 000 tonnes de CO2 par année ! Ces chiffres doivent être connus par la population afin que les gens prennent conscience de leur empreinte carbone. Depuis plusieurs années, ma conjointe et moi avons modifié notre façon de vivre et mesurons minutieusement nos émissions de gaz à effet de serre. Résultat : nous en produisons chacun 680 kg par année. C’est minuscule ! [NDLR : à titre de comparaison, un aller-retour Montréal-Punta Cana représente 1 tonne de CO2 par personne.] Mais c’est le fruit d’un travail à long terme, car je n’ai pas toujours été vertueux.

« Par ailleurs, les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, adopté en 2015 par l’Organisation des Nations unies, nous permettent, par ricochet, de nous attaquer aux changements climatiques. Je pense notamment aux objectifs d’éducation des filles et d’égalité des sexes. On sait que la démographie décroît naturellement dans les sociétés où les femmes sont plus instruites et participent activement à la vie politique et économique. Or, nous avons besoin de freiner la croissance démographique, qui est inextricablement liée au réchauffement climatique.

« À plusieurs égards, la population québécoise est mieux équipée pour affronter le 21e siècle qu’elle l’était pour le 20e. Si elle intègre dans sa culture − ce qui est très loin d’être fait − des comportements et des valeurs qui rendent possible le développement durable, notre société deviendra un point de référence comme le sont aujourd’hui les sociétés scandinaves. »

Claude Villeneuve, professeur à l’UQAC

Un dossier spécial réalisé en collaboration avec le réseau de l’Université du Québec.

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