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Santé

Des réponses à vos questions sur la COVID-19

17-03-2020

Photo: Arek Socha/Pixabay

Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.

Voici les questions les plus fréquemment posées par nos lecteurs concernant la COVID-19.

Quand on parle d’aplatir la courbe, on parle du même nombre de cas mais sur une période de temps plus longue. Mais si on prend toutes ces mesures, est-ce que ça ne ferait pas également diminuer le nombre de cas?

QS: C’est une bonne question. À partir du moment où personne dans la population n’est immunisé contre ce nouveau virus, tout le monde y est sensible. On estime, en théorie, que 60 à 70% des gens pourraient l’attraper. Le concept d’aplatissement de la courbe permet d’étaler ce nombre dans le temps. D’autres facteurs peuvent toutefois intervenir en cours de route: mutation du virus (pour le meilleur ou le pire), atténuation liée au changement de saison (on ne sait pas si ce sera le cas), arrivée d’un vaccin… donc les prévisions sur le nombre de cas total sont difficiles.

Consultez notre article: COVID-19: les prévisions d’un expert en modélisation

 

Plusieurs pays asiatiques semblent mieux contrôler l’épidémie que l’Europe et l’Amérique.

QS: Meilleure discipline sociale peut-être? Voire mesures coercitives? L’Europe a aussi tardé à prendre la mesure du problème: l’Organisation mondiale de la santé a fustigé les niveaux alarmants d’inaction.

Il faut également souligner que certains pays, comme la Chine et la Corée du Sud, ont vécu des épisodes d’épidémie de coronavirus par le passé (le SRAS en 2002 et le MERS en 2012) et en ont probablement tiré certaines leçons.

 

Quelles sont les étapes de production d’un vaccin à partir du moment où on connait le génome du virus et toute la validation qui s’en suit avant l’administration au public visé? Durée, type de vaccin (virus atténué vs mimétisme), entreprises à l’oeuvre actuellement…

QS: Quelques éléments de réponse par nos collègues de Découverte en attendant qu’on puisse s’y pencher:

Consultez également nos articles :
Vaccin contre le coronavirus: des chercheurs canadiens y travaillent
Winnipeg, au cœur de la lutte contre le coronavirus

 

J’aimerais savoir s’il est possible d’être réinfecté par le virus. J’ai lu qu’il y aurait eu un possible cas de réinfection en Chine mais ça ne semblait pas confirmé.

QS: Aucune étude claire ne le confirme pour l’instant, mais on sait que plusieurs patients chinois et un Japonais ont testé positif deux fois, à plusieurs semaines d’écart. Selon de nombreux experts, il pourrait toutefois s’agir d’erreurs liées au test ou d’une résurgence virale chez une personne partiellement guérie. Il semble aussi que certains patients en apparence guéris continuent de propager le virus, selon des résultats très préliminaires parus dans JAMA. Nous répondions à cette question dans cet article: COVID-19: Pendant combien de temps une personne guérie est-elle immunisée?

 

Sait-on si notre système immunitaire peut développer des anticorps à ce virus jusqu’à présent?

QS: Nous répondons à cette question dans cet article: COVID-19: Pendant combien de temps une personne guérie est-elle immunisée?

 

Les tests de dépistages sont-ils efficaces si on n’a pas de symptômes?

QS: Le virus peut probablement être détectable avant que les symptômes apparaissent mais jusqu’à présent, on ignore si beaucoup de personnes asymptomatiques ont été testées. On se concentre sur les cas symptomatiques.

 

Quels sont les risques d’être contaminé par de la nourriture achetée à l’épicerie (fruits, plats préparés) ou prise en take-out au restaurant? Quels sont les risques lors de la manipulation d’argent et l’utilisation du clavier de paiement direct?

QS: La règle qui prévaut est de laver les fruits et légumes comme d’habitude. Le risque de transmission du virus par ce biais est minime. Le mode principal de transmission est par le biais de gouttelettes contaminées.

Pour la manipulation d’argent et d’objets: là encore, ça ne semble pas être la voie principale de contamination mais effectivement, ce type de virus peut persister plusieurs heures sur des surfaces (on manque encore de données spécifiques pour le SRAS-CoV-2 mais d’autres coronavirus peuvent tenir jusqu’à 9 jours). Après tout contact (argent, barre de métal dans le métro, mains des voisins, bureaux…), il est donc recommandé de se laver les mains pour stopper la propagation.

 

Quelle est la période de contagion avant symptômes et après?

QS: On pense que le pic de contagion pourrait survenir jusqu’à 2 jours avant le pic des symptômes, ce qui rend le contrôle de l’épidémie beaucoup plus complexe. Il semble que certaines personnes continuent d’être contagieuses même après avoir guéri (voir ici notre article sur l’immunité). Ceci dit on manque de données pour donner une fourchette précise pour la période de contagion. On devient symptomatique en moyenne 5 jours après l’infection, mais 98% des personnes développent des symptômes dans les 11 jours suivant l’infection, ce qui justifie la période de 14 jours de quarantaine.

 

Quand a eu lieu la dernière pandémie? Est-ce que son évolution était semblable à celle de la COVID-19?  Est-ce qu’on peut s’attendre à de plus en plus d’événements de ce genre avec le réchauffement climatique et la mondialisation?

QS: La dernière pandémie était celle de H1N1 en 2009, qui a tourné « court » assez rapidement, notamment car une partie de la population avait déjà été exposée à des virus similaires. Ce cas-ci est assez inédit. Vous pouvez relire notre article sur le risque de pandémie (octobre 2019) pour obtenir plus d’informations: Prêts pour la prochaine pandémie?

Pour en savoir plus sur une grande pandémie: Grippe espagnole, la grande tueuse.

 

Si une personne vivant sous le même toit que nous est atteinte par le virus : comment vivre cette situation? Quels sont les moyens proposés pour ralentir, stopper, éviter la contagion?

QS: Voici des recommandations à suivre si vous êtes dans cette situation. Lisez notre article à ce sujet: COVID-19: que faire si on vit avec un malade?

 

En cas d’infection, l’ibuprofène est-il déconseillé?

QS: Cela semble déconseillé, bien qu’il faille le confirmer avec d’autres études. Les anti-inflammatoires de type ibuprofène pourraient faciliter l’entrée du virus dans les cellules pulmonaires. Préférez l’acétaminophène en cas de fièvre.

 

On dit que les produits à base de cortisone sont dangereux. Mais certaines asthmatiques en prennent tous les jours. Est-ce que c’est vrai? Que faut-il faire?

QS: Il ne semble pas y avoir de recommandations pour cesser les traitements. L’asthme mal contrôlé est plus dangereux et mieux vaut éviter une crise d’asthme et un tour aux urgences en ce moment. Dans tous les cas, ne jamais arrêter un traitement chronique sans avis médical.

 

Les mesures d’éloignement social mises en place doivent le demeurer pendant combien de temps pour rester efficaces? Est-ce qu’on parle de semaines ou de mois?

QS: C’est une grande inconnue. Nous en saurons probablement plus dans les prochaines semaines, si la courbe des cas s’infléchit ou non. Dans les autres pays, on parle de 45 jours, de 6 semaines (en Chine notamment)… Cela varie et peut être appelé à changer. Le but est de ralentir la propagation, pas d’éliminer le virus. Celui-ci est probablement là pour rester dans les prochains mois, voire les prochaines années. Il peut devenir saisonnier, on ne le sait pas!

 

Une fois la fièvre déclenchée, quel médicament est-il conseillé de prendre pour éviter l’hospitalisation?

QS: De l’acétaminophène. Celui-ci ne vous soignera pas, mais soulagera l’inconfort. ll n’existe aucun vaccin pour le moment, mais des chercheurs un peu partout à travers le monde travaillent très fort au développement d’un vaccin.

Consultez également cet article: Vaccin contre le coronavirus: des chercheurs canadiens y travaillent

 

Pour désinfecter les poignées de porte et autres objets, le peroxyde et les lingettes sont-ils efficaces?

QS: Le virus peut être efficacement inactivé en nettoyant pendant une minute les surfaces contaminées avec une solution d’éthanol (alcool à 62-71 %), de peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » à 0,5 %) ou d’hypochlorite de sodium (eau de javel à 0,1 %). Source de cette information: Dix informations rassurantes à propos du coronavirus.

 

La COVID-19 peut-elle se transmettre par des fluides corporels comme le sang, la sueur, le sperme? Les moustiques pourront-ils contribuer à sa propagation?

Hormis les matières fécales, qui semblent capables de transmettre le virus (des études toutes récentes le confirment), il n’y a pour l’instant aucune preuve de transmission par d’autres fluides corporels que les gouttelettes émises par quelqu’un qui tousse ou éternue. Ce n’est pas un virus qui pourra être transmis par les moustiques.

 

Le lavage des mains avec du savon est-il un moyen efficace contre le virus?

Cela peut sembler tout simple, mais le lavage des mains pendant 20 secondes avec de l’eau et du savon constitue une défense efficace contre le coronavirus (SARS-CoV-2). Le virus est constitué d’une membrane formée entre autres de lipides, qui résiste mal à l’assaut du savon et de l’eau. La membrane est ainsi dissoute, entraînant la fin du virus.

Pour des explications en détails, consultez : le site du Guardian et celui du Washington Post.

 

Les masques faits maison peuvent-ils diminuer les risques de transmission?

Un masque de protection de type N95 est nécessaire pour le personnel de la santé qui travaille en contact étroit avec des patients potentiellement infectés. Un masque chirurgical ou fait maison pourrait être une alternative, bien que ceux-ci ne bloquent pas les particules virales (voir Los Angeles Times et New York Times).

Pour ceux qui voudraient fabriquer leur propre masque, une chercheuse de l’Université de Cambridge a publié en mars des instructions à cet effet que vous pouvez retrouver ici. La chercheuse insiste d’ailleurs que «les masques offrent seulement une protection limitée et qu’ils sont insuffisants pour contrer le virus». La distanciation sociale pour éviter les personnes malades, démontrer une bonne hygiène en éternuant ou en toussant dans le creux de son coude et se lavant ses mains pendant au moins 20 secondes avec de l’eau et du savon restent les meilleures défenses disponibles contre le virus.

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