Publicité
Santé

Coronavirus: l’épidémie en quelques questions

04-02-2020

Évolution des cas confirmés du 12 janvier au 3 février 2020. Image: Wikimedia Commons

Voici les plus récents développements à propos du coronavirus 2019-nCoV.

Peut-on contenir l’épidémie?

Dans l’édition du 3 février du New York Times, des experts disaient craindre que l’épidémie de coronavirus devienne une pandémie, c’est-à-dire que le virus se propage à plus d’un continent. Jusqu’à présent, la transmission de personnes à personnes semble être contenue en Chine. En date du 6 février, on compte plus de 28 000 cas confirmés et 565 décès.

Selon ce que rapporte le média américain STAT, l’un des dirigeants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soutient qu’il n’est pas trop tard pour arrêter l’épidémie.

Ici, au Québec et au Canada, les autorités sanitaires rappellent que «le risque pour la santé publique au Canada associé au 2019-nCoV est faible».

Que se passe-t-il avec les Canadiens qui sont à Wuhan?

Le 3 février, lors d’un point de presse des autorités canadiennes, François-Philippe Champagne, ministre des Affaires étrangères, détaillait la procédure mise en place pour le rapatriement par avion des Canadiens qui sont actuellement à Wuhan.

«304 personnes ont demandé assistance au gouvernement, dont 280 qui ont un passeport canadien. Un avion est déjà affrété à Hanoi, au Vietnam et est en attente d’autorisation spéciale pour atterrir en Chine», a déclaré le ministre Champagne.

Les passagers canadiens se soumettront à plusieurs vérifications médicales avant, pendant et après le vol. Des médecins et infirmières seront aussi à bord de l’appareil pour porter assistance. S’il devait y avoir un passager présentant des symptômes, celui-ci pourra être placé en retrait dans une zone réservée dans l’avion et débarqué à Vancouver lors du ravitaillement de l’avion.

Les passagers atterriront à la base militaire de Trenton, en Ontario, où ils seront placés en quarantaine pendant 14 jours. Un deuxième avion sera disponible pour une autre vague de rapatriement, si nécessaire.

Pourquoi la quarantaine est-elle de 14 jours?

Selon la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, cette période de 14 jours est «une mesure de précaution».

D’après l’expérience passée avec le SRAS et le MERS, des virus appartenant à la même famille que ce 2019-nCoV, la période d’incubation (c’est-à-dire le temps entre la contamination et la survenue des premiers symptômes) est d’environ 14 jours.

Quelle est la dangerosité du 2019-nCoV comparativement à d’autres virus?

Le 2019-nCoV semble être moins mortel que le SRAS, par exemple. Selon les premières estimations (qui pourraient changer au fur et à mesure que l’on accumule des connaissances sur ce nouveau virus) le taux de mortalité s’élèverait à environ 2,1% alors que celui du SRAS était de 9,6%.

Cependant, ce nouveau coronavirus se transmet plus rapidement que le SRAS.

Pour rappel, chaque année, le virus de la grippe saisonnière affecte 5 millions de personnes et cause une centaine de milliers de décès à travers le monde, selon l’OMS.

Les personnes asymptomatiques (ne présentant pas de symptômes) peuvent-elles transmettre le virus?

Bien qu’on en sache encore très peu, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada souligne qu’il est «très peu probable que les personnes asymptomatiques contribuent à l’épidémie actuelle». Le virus est transmis en grande partie par les gouttelettes projetées en toussant par les personnes malades selon l’OMS.

Les premières études ayant affirmé qu’une transmission asymptomatique était possible manquent de rigueur, selon un article de nouvelles publié par Science.

Qu’en est-il du développement d’un vaccin?

Les autorités canadiennes confirment que le pays fait partie des efforts de recherche à l’échelle mondiale. «L’objectif est de commencer avec des essais cliniques en Chine, mais le développement d’un vaccin prend beaucoup de temps. Cela peut prendre des mois voire un an», indique Theresa Tam.

>>> Voir à ce sujet notre entrevue avec le Dr Volker Gerdts

Des fausses nouvelles qui se répandent aussi vite que le coronavirus.

En voici quelques-unes décortiquées.

Il n’y a pas de lien entre la bière de marque Corona et le coronavirus

La bière Corona, dont le nom signifie «couronne», en latin et en espagnol, n’est aucunement liée au virus. Les consommateurs peuvent boire une Corona sans risque d’attraper le virus.

La famille de coronavirus, qui inclut le nouveau virus ainsi que MERS et SRAS, a été nommée de cette façon car, sous le microscope électronique, les coronavirus ont la forme d’une couronne.

Votre colis commandé de la Chine ne peut pas transporter le coronavirus

Vous êtes inquiets, car vous avez commandé un produit qui a été fabriqué en Chine? Les coronavirus ne survivent pas longtemps sur des surfaces, comme des colis ou des lettres, pendant des jours.

Pour départager entre une vraie et une fausse nouvelle, suivez l’équipe des Décrypteurs de Radio-Canada et le Détecteur de rumeurs de l’Agence Science-Presse.

L’OMS a aussi préparé une section dédiée aux fausses nouvelles.

Publicité

À lire aussi

Santé

L’asthme contre le cancer

Ce n'est pas un lien de cause à effet, mais c'est une troublante coïncidence: les personnes ayant des problèmes d'asthme ou d'eczéma risquent moins de développer un cancer.
Québec Science 21-12-2010
Santé

Déjouer la barrière du cerveau pour laisser passer des médicaments

Des médicaments pourraient mieux traiter les maladies du cerveau grâce à un modèle conçu par une équipe de chercheurs du Conseil national de recherches Canada (CNRC).
Annie Labrecque 15-03-2019
Santé

Après la greffe fécale, bientôt la greffe de bactéries vaginales?

Inspirés par les succès de la greffe fécale, des chercheurs américains espèrent procéder à la transplantation du microbiote vaginal.
Annie Labrecque 18-09-2019