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Santé

Ce qu’on sait du mystérieux virus apparu en Chine

21-01-2020

Illustration de la morphologie du coronavirus découvert en Chine en décembre 2019. Crédit: Centers for Disease Control and Prevention’s / Public Health Image Library

Un nouveau virus, identifié pour la première fois à Wuhan, une ville chinoise de 11 millions d’habitants, soulève des inquiétudes dans le monde.

Mise à jour de cet article le 6 février 2020

De quoi parle-t-on?

Le 31 décembre dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été prévenue de cas de pneumonie dont la cause était inconnue à Wuhan, en Chine. Le virus responsable de cette maladie a rapidement été identifié comme étant un nouveau virus chez l’humain (nommé pour l’instant 2019-nCoV).

En date du 6 février, plus de 28 000 malades ont été diagnostiqués et 565 décès ont été confirmés en Chine. Plusieurs pays comme le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande, le Royaume-Uni, l’Australie rapportent également des cas sur leur territoire. Près d’ici, 11 cas ont été déclaré aux États-Unis (le premier cas américain a été rapporté dans l’État de Washington). Ce sont des personnes ayant séjourné auparavant à Wuhan.

Selon les premières constatations, les personnes souffrant de maladies chroniques semblent être plus à risque de complications.

Premiers cas au Canada

Le 25 janvier, le gouvernement de l’Ontario a confirmé le premier cas de coronavirus. Depuis, deux cas supplémentaires ont été déclaré en Ontario, portant le total à 3 cas confirmés en Ontario.

Un autre cas a été déclaré en Colombie-Britannique.

Le 5 février, deux Canadiens sont infectés par le virus. Ils étaient à bord du bateau Diamond Princess, au large du Japon, et ont été débarqué et hospitalisé en compagnie d’une vingtaine d’autres passagers.

Ville de Wuhan, en Chine, où l’on a détecté les premiers cas d’infection au nouveau coronavirus. Image: CDC

Quel est ce nouveau coronavirus?

Ce virus pathogène appartient à la grande famille des coronavirus, qui comprend des virus bénins, comme ceux du rhume, mais aussi des virus plus sévères comme ceux qui causent le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS, 2012) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS, 2002). Ce dernier avait provoqué la mort de 42 personnes à Toronto.

Comment le virus se transmet-il?

Ce coronavirus a probablement été transmis d’un animal infecté (sur un marché de Wuhan) à un premier humain. Selon une analyse génétique, le virus a pu transiter de la chauve-souris jusqu’à l’humain, mais il est encore trop tôt pour le confirmer. En fait, 60 à 80 % des pathogènes humains émergents sont des virus qui affectent initialement les animaux. Par exemple, le virus du MERS a été transmis à l’humain par des dromadaires tandis que le SRAS était à l’origine présent dans la population de civettes et de ratons laveurs.

Récemment, les autorités sanitaires chinoises ont confirmé que le coronavirus était maintenant capable de se transmettre par contact direct entre personnes. Les épidémiologistes chinois constatent que la propagation du virus parmi la population s’accélère en ce moment.

Quels sont les symptômes ?

Selon l’OMS, les symptômes sont : fièvre, toux, essoufflement et difficultés respiratoires. Dans les cas plus graves, l’infection peut provoquer pneumonie, syndrome respiratoire aigu sévère, insuffisance rénale et mort.

D’après l’expérience passée avec le MERS et le SRAS, qui sont de la même famille virale, on suppose que le temps d’incubation de la maladie tourne autour de 14 jours.

Y a-t-il un traitement?

Non, il n’y a pas de traitement antiviral disponible pour ce nouveau coronavirus. On soulage donc les malades avec des soins de soutien.

À Saskatchewan, le VIDO-InterVac (Vaccine and Infectious Disease Organization – International Vaccine Centre), rattaché à l’Université de la Saskatchewan, a obtenu le mandat de l’Agence de la santé publique du Canada de développer un vaccin contre ce coronavirus.

Que fait-on pour prévenir l’arrivée du virus?

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, même si des cas ont été signalé sur le territoire canadien, « le risque que la maladie se propage est jugé faible ». Des affiches informatives en anglais, français et mandarin sont placées aux aéroports internationaux de Toronto, Montréal et Vancouver. Les voyageurs qui présentent des symptômes s’apparentant à la grippe pourront aviser un agent des services frontaliers à leur arrivée au pays.

Est-on prêt à faire face à une épidémie?

Selon Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique pour l’Agence de la santé publique du Canada, « depuis le SRAS, on a une meilleure coordination et un plan entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires pour gérer n’importe quel événement biologique » (voir notre reportage ici).

Du côté québécois, Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec, mentionne que le réseau de la santé a beaucoup appris de la crise du SRAS. « On n’attendra pas de confirmer un cas avant de prendre des mesures », explique le médecin. Par exemple, on placera le patient suspect en isolement en attendant d’avoir le résultat des analyses effectuées au laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). « Le LSPQ est déjà prêt à faire des analyses préliminaires pour identifier le virus grâce à la séquence génétique que la Chine a partagée la semaine dernière », soutient Jasmin Villeneuve.

Qu’ignore-t-on au sujet de ce virus?

Selon le médecin de l’INSPQ, il reste encore plusieurs points d’ombre au modus operandi du virus. « À quelle fréquence se propage-t-il? Est-il facile à transmettre? Est-ce qu’il affecte seulement les gens ayant des problèmes de santé chronique? Infectera-t-il aussi des gens en bonne santé? », se demande M. Villeneuve.

Une autre question à laquelle on n’a pas de réponse pour le moment : à quel moment une personne est-elle contagieuse? « Est-on contagieux avant de développer des symptômes? Ou après? Si on prend l’exemple du SRAS, les gens étaient contagieux au moment où ils commençaient à faire de la fièvre. Cela aide à identifier les cas et à contrer la transmission », ajoute-t-il. Dans le cas de la grippe, par exemple, les personnes sont contagieuses avant de développer des symptômes.

Est-ce une menace à l’échelle mondiale?

Le comité d’urgence de l’OMS a statué, le 23 janvier, que l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus représente un risque élevé en Chine, mais n’était pas « une urgence de santé publique de portée internationale ». Avec la hausse des nouveaux cas, l’OMS a ajusté le niveau de risque à « menace élevée ». Depuis dix ans, l’OMS a déclaré cinq urgences sanitaires à l’échelle mondiale. Le 30 janvier, l’OMS a ré-ajusté le tir et publié une déclaration que la «nouvelle épidémie de coronavirus est une urgence de santé publique de portée internationale». Cela signifie que le virus peut représenter un risque pour la Chine, mais aussi pour d’autres pays. Il ne s’agit pas d’un désaveu sur la façon dont la Chine a géré la crise sanitaire, mais plutôt pour «aider les pays en développement à faire face à la menace».

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