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Sciences

On a trouvé un fossile hybride mi-Denisova mi-Neandertal

28-08-2018

Ce fragment osseux a été trouvé en 2012 dans la grotte de Denisova. Photo: T. Higham, Université d’Oxford

On savait déjà que les hommes de Neandertal se sont reproduits occasionnellement avec les Homo sapiens, comme en témoignent les restes d’ADN néandertaliens qui parsèment nos génomes (voir l’article Nous sommes tous Neandertal).

Le biologiste suédois Svante Pääbo, « star » de la génétique évolutive à l’origine de cette première découverte, récidive avec une nouvelle trouvaille publiée dans Nature. Cette fois, il a découvert l’os d’une adolescente née d’une mère néandertalienne et d’un père dénisovien, il y a de cela plus de 50 000 ans.

Les Dénisoviens sont une espèce d’hominidés cousine des Néandertaliens (leurs « branches » se sont séparées il y a plus de 390 000 ans), et des Homo sapiens. On sait peu de choses de cette espèce: les hommes de Denisova ont été découverts en 2008 dans une grotte en Sibérie, et nous n’avons pour l’instant que quelques centaines de fragments d’os provenant de ce lieu unique. C’est en analysant l’ADN d’une minuscule phalange, datant de 30 000 à 50 000 ans, que les scientifiques avaient constaté en 2010 qu’il s’agissait d’une espèce d’hominidés inconnue jusqu’alors.

Morte à l’âge de 13 ans environ, la jeune « Denise » est une aubaine inespérée pour l’équipe de M. Pääbo, du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology. Étonnamment, elle possède autant d’ADN néandertalien que dénisovien, mais les chercheurs estiment que son père, un dénisovien, avait lui-même de l’ADN néandertalien.

Bref, selon l’équipe, compte tenu du peu de spécimens dénisoviens retrouvés, ces résultats suggèrent que le métissage entre les deux espèces était probablement courant.

Et, dans ce grand Tinder préhistorique, Homo sapiens n’était pas en reste. Aujourd’hui, les descendants des Européens possèdent tous des fragments d’ADN néandertalien, alors que les peuples de Mélanésie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée sont porteurs d’ADN dénisovien. La preuve que les rencontres entre ces espèces cousines ont été fertiles.

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